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Science Tribune - Article - Août 1996

http://www.tribunes.com/tribune/art96/bous.htm

Les géographes et l'image du terrain du XVè siècle à nos jours




Catherine Bousquet-Bressolier

Laboratoire de Géomorphologie de l'Ecole Pratique des Hautes Etudes, 15 boulevard de la Mer, F- 35800 Dinard, France.


Mots clés : Histoire de la cartographie, histoire des sciences, topographie


Durant les dernières décennies, la révolution technologique a bouleversé la conception de l'espace terrestre. Les images des satellites SPOT, par exemple, permettent d'identifier de minuscules détails, et les "capteurs" des satellites sont comme autant d'yeux dotés de propriétés qui n'ont plus rien de l'oeil humain. Pourtant, c'est bien le monde tel qu'on le perçoit par les sens qui sert de référence à l'homme.

Lorsque, dans les années 1974, les données de satellite sont apparues, elles ont suscité un espoir inoui d'élargissement de la connaissance de l'espace terrestre. On pouvait obtenir une vision instantanée et globale de vastes étendues et piéger des phénomènes éphémères et ponctuels. Mais ces données de type nouveau n'étaient pas directement intelligibles. Comment procéder devant cette abondance de chiffres? Je passerai sur cette préhistoire de l'exploitation des données des premiers satellites, mais retiendrai le fait que les chercheurs se sont spontanément reportés sur ce qu'ils connaissaient déjà. Ils ont cherché à classer les données de manière à en recomposer un agencement analogue au connu (a). Ainsi, la télédétection s'est trouvée confrontée aux problèmes que rencontrent tous ceux qui touchent à l'expérimental. Recourir à une "vérité-terrain", c'est-à-dire à des mesures ponctuelles, réalisées simultanément au passage du satellite, est apparu indispensable, et la "modélisation" très délicate, du fait de la complexité même du "modèle naturel". On voit donc que la télédétection, même si elle le désavoue, a été et reste dans une certaine mesure tributaire d'une référence au monde de la perception sensorielle.

Face à l'inconnu l'homme se réfère d'abord au champ de ses connaissances. Or il est maintenant avéré que le premier référent de l'homme est le monde sensible, puisque c'est par les sens qu'il établit son contact au monde extérieur. Les expériences de la psycho-biologie le confirment. On comprend bien alors qu'une des préoccupations permanente de l'homme ait été de se repérer dans l'espace, et pour mieux se situer, de représenter son environnement. Aussi a-t-on judicieusement prêté à des civilisations archaïques une connaissance de leur environnement assez précise pour le représenter de manière fort exacte sur des monnaies ioniennes ou les antiques tablettes de Nouzi (qui remontent au troisième millénaire avant Jésus-Christ). Cette connaissance empirique, parvenue par des vestiges archéologiques, s'accompagnait d'une recherche de l'explication du monde: les "cosmogonies" ordonnaient les astres, les éléments (terre, eau, feu, éther), et le genre humain, et les situaient par rapport à une dimension théologique et transcendante.

Autant que l'image du Monde, la représentation de l'espace terrestre, repère mental des déplacements dans l'espace, occupe une grande place dans la réflexion de l'homme. Les cartes qu'il dessine sont les véhicules autant que les supports de la pensée. Les auteurs des premiers atlas du XVIè siècle n'ont de cesse de nous vanter leur entreprise :

" Combien doit-on chérir notre Abraham Ortel
Pour avoir dressé ce grand oeuvre immortel
Nommé de l'Univers le Théâtre; où les cartes
De tout le Monde sont ? Auquel, sans que tu partes
Du Sueil de ta maison, quelconque fois, tu peux
Apprendre le chemin pour aller où tu veux
Et si sans te bouger, tu aimes mieux apprendre
Où le marchand s'en court chasque denrée prendre
Icy tu le verras sans courir le danger
Des chemins périlleux, ni de la haute mer
Les flots impétueux ... "

Ainsi débute le Théâtre de l'Univers d'Abraham Ortélius (Anvers, Christophe Plantin, édition de 1581), qui vante aussi le mérite de telles cartes pour comprendre l'histoire.

Une vision géographique synthétique rend donc intelligible la diversité des sites, des climats, des cultures et des peuples. L'action de feuilleter l'Atlas d'Ortélius est donnée comme équivalente à un voyage, ayant pour support les planches de l'atlas. Le regard s'y promène et le texte étaye l'imagination. Comme pour tout voyage, une connaissance précise des lieux est nécessaire. Ortélius propose à notre regard les pays du Monde, et Braun complète le voyage en déployant sous nos yeux les "assiettes" de toutes les villes du Monde - c'est-à-dire le site sur lequel a été construite la ville, mais aussi l'apparence générale de celle-ci (la ville est en effet métaphore du pouvoir et de la diversité des cultures). Ortélius et Braun ont lié leurs deux entreprises en respectant la distinction faite par Ptolémée entre Géographie (la terre pensée dans sa globalité) et Chorographie (la description particulière et "naïve"- avec tous les détails - des lieux et des sites).

Les textes de l'époque comme celui de du Pinet (1548) (1) insistent sur l'indispensable complémentarité de la chorographie, science qui se contente de "montrer à l'oeil le plus près du vif " le paysage (comme on prend sur le vif "sans s'amuser à mesures (astronomiques)". C'est ce point de vue qui retiendra notre attention.


La carte, un maillon de la pensée

La beauté de la plupart de ces cartes en fait des objets esthétiques, et c'est cela qui nous séduit d'abord. Cette légitime émotion devant un bel objet nous fait oublier que la carte n'est qu'accessoirement un objet esthétique, elle est utile et reflète les préoccupations des hommes de son époque. Aussi viennent des interrogations comme: la carte topographique imite-t-elle ce qu'elle représente? quand passe-t-on du signe au symbole ? quel message véhicule-t-elle ? Ces questions conduisent tout naturellement à poser un nouveau regard sur les cartes, à les replacer dans leur contexte "charnel". On peut y voir une représentation philosophique du Monde comme au Moyen Age, une forme d'écriture des idées à la mode comme au Grand Siècle, ou encore le signe de la maîtrise du territoire. Il est donc nécessaire de considérer la carte comme un maillon de la pensée de l'époque où elles ont été conçues et y voir un traceur de l'évolution des comportements humains confrontés à de nouvelles idées, ou à une nouvelle structuration sociale.

Jusqu'à maintenant nous n'avons parlé que de cartes, et non de cartographie. Ce mot en effet n'apparaît qu'au XIXè siècle, après que les travaux de carte de l'Etat-Major aient engendré la création du mot pour désigner cette nouvelle science et la profession afférente. Auparavant la rédaction des cartes n'était pas réservée à des spécialistes, même si les cosmographes et les géographes en sont les auteurs privilégiés.


Les cartes avant la cartographie

Au Moyen Age, la carte a plusieurs fonctions :
- être un outil, comme les cartes itinéraires ou les portulans,
- argumenter une démonstration philosophique, une cosmogonie: c'est un des supports de la pensée.

Avec la redécouverte de Ptolémée, à la fin du XVè siècle, s'affirme donc la distinction entre chorographie (ce qui se voit à l'oeil, à l'échelle humaine) et géographie (l'espace terrestre entier, rapporté au cosmos, lieu de réflexions philosophiques). Cette distinction coïncide avec la découverte du Nouveau Monde. Les schémas traditionnels du Moyen-Age se trouvent contestés par l'expérience directe. La tradition biblique et les théories antiques sont réaménagées : les concepts de terre ronde et terre plate par exemple s'avèrent conciliables. De fait, dans la tradition scholastique tout est possible pourvu que le raisonnement tienne.

Mais Ptolémée ne se contente pas de distinguer deux niveaux d'approche (générale et particulière), il propose pour la première fois une projection qui postule sur la rotondité de la Terre. Ainsi, les cartes de sa Géographie s'affranchissent des traditionnels schémas antiques véhiculés par les traités du Moyen-Âge. L'impact de la Géographie est retentissant et rénove la connaissance du monde connu.

La projection de Ptolémée s'accorde bien avec les textes anciens remis à l'honneur et les recherches mathématiques issues de la géométrie euclidienne. En effet, la géographie de la Renaissance combine les recherches des néoplatoniciens et la relecture d'Aristote, avec la connaissance élargie du monde connu. A la Renaissance, l'oeil occupe une place inouïe, la réflexion sur le cône visuel et les sections côniques contribuent à l'essor d'une formulation de la perspective et sont la base des superbes travaux mathématiques sur les projections de la Terre. Il ne faut pas oublier que les savants de la Renaissance, qui construisent aussi les cartes et les planisphères, étaient tout à la fois ingénieurs, architectes et artistes. Certes, il existait déjà depuis longtemps des cartes "portulans", établies par des marins pour la navigation côtière selon les 32 directions de la rose des vents, mais ce ne sont pas des cartes qui posent le problème de la rotondité de la terre. Les savants de la Renaissance vont transposer ces portulans en spéculant sur la rotondité de la terre, et poser la question de la distribution de l'espace terrestre en termes de mathématiques: celui de la projection d'une sphére dans le plan.

La Renaissance conçoit donc l'espace terrestre comme un tout dont on doit connaitre les parties, et s'affranchit des travaux scholastiques en substituant au monde théocentré, une centralité de l'homme. Les théories néo-platoniciennes viennent renforcer cette nouvelle approche, car l'homme de la Renaissance possède en lui le reflet de la perfection divine, et est donc capable d'atteindre à la Beauté et la perfection. Il est intéressant de noter que le traité d'Architecture de Vitruve de 1511 paru à Venise débute par une figure représentant un homme inscrit dans un cercle et un carré, soulignant l'harmonie des proportions de son corps. Il est représenté le sexe dressé dans son acte créateur, ce qui disparaitra des éditions postérieures. Cette figure illustre la place alors occupée par l'homme, dont la perfection formelle démontrée, laisse présumer de son intelligence à l'instar de la perfection platonicienne. Les mathématiques, l'astronomie, la musique, sont des moyens d'atteindre cette perfection, assimilée à la perfection divine qui est en Dieu et plus particulièrement dans la figure du Christ. Ce sont toutes des sciences de la division et de l'harmonie parfaite des parties composant le tout.

Bâtir, construire des routes, inventer des machines sont les actes où l'homme de la Renaissance s'épanouit et se grandit. Ces actes lui permettent de tendre à une perfection idéale, platonicienne. La main intelligente qui trace une carte, est une réflexion en action. Une fois achevée, la carte affirme la dimension transcendante de la connaissance humaine, et au delà, magnifie l'intelligence suprême. Ainsi, Dürer, Léonard de Vinci, Mercator, ou Stevin ont été tout à la fois artistes, cartographes, ingénieurs, architectes, et ... savants. Ils touchaient aux fortifications, aux machines, aux mathématiques, à la représentation picturale et à la perspective. La profondeur de leur réflexion mathématique peut surprendre. Elle reflète un chemin dans leur quête de la perfection.


Cartes d'hier et d'aujourd'hui : Rémanances

Les modèles mathématiques d'aujourd'hui et la recherche de projections idéales de la sphère à la Renaissance, ne procèdent-ils pas d'une même peur de l'inconnu que la beauté mathématique apprivoise ? L'acte de représenter, dans sa quête de perfection, ravale alors au second plan la matérialité de l'espace terrestre.

L'unité de l'espace du cosmographe est rompue par les terres inconnues, lieux de connaissance obscure, que l'imaginaire peuple de monstres, et terres ouvertes sur d'autres espaces à découvrir. C'est la beauté mathématique qui permet de confiner l'inconnu: les nouveaux mondes réels ou imaginaires trouvent ainsi leur place sur ces fragments terrestres que la main du cosmographe a su domestiquer. Numa Broc dans sa Géographie de la Renaissance (2)(p 54) montre comment fut escamoté le problème de la représentation simultanée de l'Atlantique et du Pacifique après la découverte du Nouveau Monde. Par exemple, Mercator "se tire de la difficulté dans sa mappemonde cordiforme de 1538 en plaçant une 'déchirure' opportune sur l'emplacement de l'actuel Grand Océan".

Aujourd'hui, l'espace terrestre est livré réellement et à l'instant, tout ou parties, en dehors de la réalité perçue à l'oeil. Mais cette fulgurance permise par la technique (chère à l'homme des années 90 qui veut - et doit - aller toujours plus vite) cache et entérine le dérapape vers le "scientifique" qui porte la trace indélébile du vrai. Déguisés en anges de lumière, ces démons que sont les modèles mathématiques ne sont pourtant qu'empiriques et doivent être ramenés à la modestie de leur faillibilité ! Leur perfection d'apparence donne une satisfaction intellectuelle, mais trahit la complexité du réel. Le chercheur d'aujourd'hui sait, même s'il aime l'oublier, que rien ne remplace l'expérience et la sagesse acquises au fil des années pour guider ses choix. Ainsi, le monde actuel fragmenté en " pixels " - éléments de base d'une image digitale (3) - rejoint, par le biais de modèles structurant une réalité simplifiée et factice, le monde lacunaire de la Renaissance organisé par les belles constructions mathématiques.

Représenter la topographie avait toujours été fondé sur trois actions: voir (appréhender par la vue, aussi bien que découvrir, c'est-à-dire prendre connaissance), comprendre (s'approprier par le raisonnement la chose vue) et organiser (reporter sur la carte un schéma correspondant à la réalité du terrain). La pensée intelligente et scientifique assimile et transcrit la connaissance perceptive du terrain, parfois affinée par des mesures, pour organiser l'espace fictif de la carte.

Au XVIè siècle, lorsque la connaissance expérimentale prend le pas sur l'imaginaire, la Nature des Anciens, parfaite et harmonieuse, s'impose comme modèle. La carte de l'âge classique rejoint alors l'art pictural et ses théories (b). La carte topographique se doit d'offrir à l'oeil un "pourtrait" fidèle du paysage qu'elle représente dans l'intimité du détail. Le regard qui se porte sur la carte n'est pas dépaysé : le paysage est immédiatement compris, et le lecteur "s'y reconnaît". La carte topographique actuelle ne réclame-t-elle pas toujours une telle vocation ? (4). La carte topographique, à la manière d'un tableau particulier de paysage, continue d'imiter la nature (symboles analogiques, estompage pour le relief, couleur...), mais de surcroît, elle nomme par l'écriture les espaces et les lieux, les rivières et les ruisseaux, ainsi que tout objet remarquable. Sur la carte, l'association de l'écrit au représenté renforce une appropriation, une maîtrise du territoire par l'homme.

En effet, même si aujourd'hui, le support graphique contient une surabondance d'information qui ne permet plus "d'habiller" correctement la carte (c), le message visuel demeure comme par le passé, indissociable du texte qui le rend explicite, quelle que soit par ailleurs l'évolution du contenu de sa "science" fondatrice, et du rapport induit entre texte et image (d).

L'analyse d'ouvrages du XVIIè siècle, en particulier l'Iconologie de Ripa traduite en 1636 par Baudouin, permet de voir comment la science fondatrice des cartes, la cosmographie, a peu à peu été supplantée par la géographie, science qui permet l'intelligence des parties composant le tout et la chorographie (vieux mot pour la topographie), qui impose de la précision dans la représentation et les relevés.


Fiabilité et fidélité de la représentation

La topographie implique donc à la fois exactitude de la représentation et harmonie visuelle. Les mesures faites sur le terrain et soigneusement reportées sur la carte en font la fiabilité, mais la notion d'exactitude recoupe une idée moins abstraite, celle de fidélité de la représentation. Cette dernière notion est entièrement subjective, puisqu'elle en appelle à une vision globale de chacun des traits composant le paysage dessiné, comme bien représentatif du paysage réel. La fiabilité est un produit direct des mesures de la carte, tandis que la fidélité du rendu découle de l'aptitude à restituer par des artifices de perspective ou des trompe-l'oeil les accidents et les objets du terrain. La carte topographique d'aujourd'hui reste attachée à ces principes, même si le lien qui unit le cartographe au terrain est maintenant hors de l'expérience sensorielle.


Conclusion

La carte est un objet visuel; comme toute image, elle capture l'attention. On peut en faire une analyse technique incomparable. Mais au bout du compte, comment déchiffrer la richesse de ces images concrètes sinon par la confrontation d'expériences acquises dans les domaines de diverses disciplines: histoire, psychologie, sociologie, beaux-arts .... et géographie. La polarisation de chacune d'entre elles sur un aspect particulier de l'élaboration ou de l'utilisation des cartes peut constituer autant de "traditions exégétiques", opérant selon les méthodologies propres à chaque discipline, qui, confrontées entre elles, permettent de s'enrichir mutuellement. Tel est l'état d'esprit de la réflexion offerte par L'Oeil du Cartographe (5). Les quatre pôles autour desquels elle s'articule correspondent à un angle de l'éclairage suggéré par l'histoire des idées. Conception de l'Univers, écriture reflet de son époque, lieu de parcours, ou message ciblé, la carte topographique tisse le lien rassurant des repères dont a toujours eu besoin l'homme.


Notes

(a) C'est en somme l'attitude que l'on peut avoir devant une langue inconnue dont on trouve la clé de déchiffrage par comparaison analogique. Mais, les images digitales issues des capteurs ne sont pas un "langage" (construit par une intelligence pour la communication). Chaque capteur, doté de certaines propriétés, traduit en chiffres une série de valeurs d'intensité de rayonnement correspondant à la "réponse" de chaque objet du terrain laquelle est fonction de sa constitution et de ses propriétés physiques, de son environnement, etc... Malheureusement du concept de "table" à celui de "ma table" en chêne avec des pieds d'acier, vernie, etc..., il y a la différence du concept à l'objet. Le satellite ne transmet que les propriétés des objets, mais pas les concepts. D'où les multiples difficultés rencontrées pour "discriminer", c'est-à-dire différencier les objets sans retourner au terrain.

(b) La carte se pose en modèle d'imitation de la nature dans ce qu'elle a de générique. Vers 1660, ce principe est au centre des théories de l'art (2, p.204-221)(6)

(c) L'habillage de la carte est constitué par les écritures qui se superposent au fond de carte et permettent d'en repérer les objets: noms de lieux, cotes d'altitudes, et diverses indications en noir. Les cartes obtenues à partir des images Spot (7) ne sont plus lisibles lorsqu'on ajoute ces informations à partir d'une certaine échelle.

(d) Il est difficile de généraliser, mais on peut dire que du XVIè siècle, moment où apparaît vraiment l'idée de représentation topographique, au XVIIIè siècle, la carte levée était presque toujours accompagnée de "mémoires", livrets manuscrits où les observations remarquables sur le site se mêlaient à des considérations historiques ou très ethnographiques sur les hommes et leurs pratiques. Cette tradition a d'ailleurs perduré dans la marine: les cartes sont encore accompagnées de livrets imprimés, les "instructions nautiques". Sur la carte elle-même on trouve souvent du texte autre que l'habillage- annotations historiques ou commentaires sur les qualités particulières du site. Il occupe généralement les "vides". Au XIXè ce texte, inscrit dans un cartouche, est plutôt un commentaire donnant des précisions indispensables. L'emploi progressif de signes conventionnels donne lieu à l'adjonction d'une légende, véritable clé de lecture, qui seule subsiste de nos jours. Mais il ne faut pas oublier les cartes qui illustrent dans un livre, par exemple, le récit d'une bataille, un épisode biblique etc.. et donnent un support visuel spatial au lecteur.


Bibliographie

1. Du Pinet. Plants, /pourctraits/ et descriptions/ de plusieurs villes/ et forteresses,/ tant de l'Europe, /Asie, & Afrique, se des/ Indes & terres/ neuves:/Leurs fondations, antiquitez, & manieres de vivre:/ A Lyon par Ian d'Ogerolles, 1543.

2. Broc N. La Géographie de la Renaissance. Paris, Editions du C.T.H.S., 1986, 261p.

3. Rabchevsky GA. Multilingual dictionary of remote sensing and photogrammetry 1237, p.157, 1984.

4. Véchambre M. Lire la carte topographique à 15 ans. In : C. Bousquet-Bressolier (ed.), L'Oeil du Cartographe, Paris, CTHS, pp.269-277, 1995.

5. Bousquet-Bressolier C. (ed.) L'Oeil du Cartographe, Editions du C.T.H.S. 1 rue Descartes F-75231 Paris cedex 05, (distributeur Distique), 283 p, 1995 (260FF).

6. Bousquet-Bressolier C. De la 'peinture géométrale' à la carte topographique. Evolution de l'héritage classique au cours du XVIIIè siècle. In : C. Bousquet-Bressolier (ed) op. cit., pp. 93-106.

7. Denègre J. Rôle de l'image satellitale dans le langage cartographique. In: C. Bousquet-Bressolier (ed) op. cit., pp. 211-220.




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