Il expérimente, elle regarde…
La représentation sexuée de la science
dans les livres documentaires pour enfants


Indéfiniment revenir à la question de nature…


L’idée que du sexe biologique découle un ensemble d’aptitudes ou de traits de caractère devrait être aujourd’hui révolue. On admet aujourd'hui avec Castoriadis

qu’en distinguant des femmes et des hommes, la société opère :
« Une transformation du
fait naturel d’être-mâle et d’être-femelle en signification imaginaire sociale d’être-homme ou d’être-femme, laquelle renvoie au magma de toutes les significations imaginaires de la société considérée. » (p. 313)
Pourtant, de manière récurrente, la presse grand public publie des dossiers prétendant affiner nos connaissances sur cette question en relançant la controverse : y a-t-il une nature féminine et une nature masculine ? Et quoi qu’ait pu montrer la biologie moderne

ou encore la neurobiologie
, des produits de grande distribution nous incitent encore à penser que les hommes viennent de Mars tandis que les femmes ne savent pas lire des cartes routières.

Indéfiniment poser cette question revient à dire que celle-ci est légitime, d’autant plus que la thèse de la complémentarité entre les sexes fait largement recette, curieuse complémentarité, car la répartition des habiletés est faite de telle sorte que les éléments du pouvoir se retrouvent toujours du côté des hommes, quelles que puissent être les caractéristiques de ce pouvoir. Il suffit de réfléchir au fait que ces caractéristiques changent d’une société à l’autre — ou d’une époque à l’autre dans une même société — pour comprendre que chaque société institue sa propre définition de ce qu’est être un homme ou une femme. En particulier, depuis la deuxième moitié du XX
e siècle, les Humanités classiques ont cédé leur place prestigieuse aux savoirs scientifiques et techniques ; le latin et le grec, longtemps jugés impensables d’enseigner aux femmes se sont vus désertés par les hommes, qui désormais étudient les sciences dites dures. La division des savoirs demeure en conformité avec les normes du genre, cet ensemble de règles qui détermine et hiérarchise dans notre société ce qui est supposé relever du féminin, et donc attribué aux femmes, ou du masculin et donc attribué aux hommes.
Le phénomène récent de la désaffection des étudiants et étudiantes pour les métiers scientifiques et techniques a remis en cause cette prétendue affinité naturelle entre les garçons et la science ; de même, s’interroge-t-on sur cette prétendue hostilité entre les filles et les sciences. Demandons-nous alors comment les sciences sont présentées aux filles et aux garçons. Quels modèles d’identification leur propose-t-on ? Quelle place laisse-t-on aux garçons et aux filles dans les représentations scientifiques ?
Il est intéressant d’analyser dans cette perspective les livres documentaires pour la jeunesse consacrés à la science. Nous verrons que derrière un message de vérité scientifique, les stéréotypes de sexe sont encore très présents, au point même de caricaturer la réalité. À partir d’un corpus exemplaire d’ouvrages récents et très diffusés, nous allons montrer qu’une représentation équilibrée des femmes et des hommes en sciences reste à faire, du côté tant du nombre de personnages que des rôles qu’ils incarnent.

Les livres de sciences pour enfants

Très peu d’études ont été menées sur la littérature scientifique pour enfants en dehors de l’école. Pourtant abondante, elle est largement mise à disposition dans les médiathèques, bibliothèques d’écoles primaires, centres de documentation et d’information (cdi) en collège, boutiques des musées scientifiques ou encore simplement rayonnages des librairies. Ces ouvrages, totalement sous la responsabilité des éditeurs, sont souvent utilisés comme supports pédagogiques dans le cadre d’exposés en classe ou à fin de recherches d’informations pour illustrer les cours de sciences. Ils ont la particularité de se présenter comme scientifiques, ce qui signifie qu’ils sont supposés dire la vérité de la science.
Cette étude sur les livres documentaires de sciences pour enfants reste exploratoire. Établir un tableau représentatif d’ouvrages, toutes disciplines confondues, demanderait des moyens importants, tant la production est riche. Les vingt ouvrages de notre corpus ont été collectés en
2007, au rayon jeunesse des médiathèques, sur les présentoirs de librairies, lors de la fête de la science, à la Cité des sciences ou au musée des Arts et Métiers de Paris. Ils sont destinés à des enfants de quatre à douze ans. Pour chaque ouvrage, a été effectué un décompte des personnages dont le sexe était identifiable. Une analyse qualitative a également été réalisée à partir des rôles des différents personnages.

Où sont les femmes dans l’histoire des sciences ?

L’histoire des sciences comporte assez peu de femmes, même si l’on peut trouver des femmes scientifiques de premier plan dans tous les champs de la création scientifique. Oubliées de l’histoire officielle, elles sont également souvent absentes des livres documentaires.
Dans
Copain des sciences,
sont cités cinquante-neuf scientifiques, des plus connus, comme Newton, Darwin ou Lavoisier aux moins célèbres, comme Starley, l’inventeur de la bicyclette, ou encore Tsiolkovsky et ses calculs d’astronautique. Le livre ne citera qu’une seule femme, en parlant de Mary et Joseph Anning. Mary n’est pas présentée comme une scientifique, mais elle et son frère sont vendeurs de fossiles « de père en fils » (p. 92). Le livre oublie de signaler que Mary Anning était également, et contrairement à son frère, paléontologue. On peut également regretter qu’aux deux pages consacrées à la tension de surface, ne soit pas citée Agnès Pockels, première à la mesurer dans sa cuisine entre deux vaisselles. Pas plus qu’au chapitre sur les lentilles et verres optiques, n’est mentionnée Katherine Blodgett, qui inventa le verre anti-reflet.

Histoire de… l’ordinateur
fait aussi preuve d’amnésie sélective quant à sa manière de raconter les découvertes qui sont à l’origine de l’ordinateur : p.10, textes et illustrations font référence à Charles Babbage, inventeur de la machine à différence. Les auteurs oublient Ada Lovelace, qui a collaboré avec Babbage et est la première à avoir écrit un programme informatique. Nous assistons même à une réécriture de l’histoire (p.11), où une bande dessinée retrace la découverte du premier bug informatique : une mite morte dans un relais. Quatre hommes sont représentés autour de l’ordinateur, à la recherche de la panne et découvrant finalement l’insecte. Dans la réalité, le premier bug a été ainsi nommé par Grace Hopper, et même si ce n’est probablement pas elle qui a découvert l’insecte, son nom est restée indissociable du terme bug et debug, dont elle a popularisé l’usage. Mais au-delà de l’anecdote, elle a aussi inventé le processus de compilation, innovation absolument essentielle pour l’essor du logiciel. Elle a fait partie des dix premières personnes à pouvoir porter le titre de senior programmer. Dans ces mêmes pages, les photos des premiers ordinateurs électroniques (eniac, mark i) ne montrent aucune femme, alors qu’il y avait six programmeuses mathématiciennes sur l’eniac : Marlyn Meltzer, Ruth Teitelbaum, Frances Spence, Kathleen Antonelli, Jean Bartik et Betty Holberton.
(fig 1)

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Savants, ingénieurs et utilisatrices…


Une première remarque pourrait être que bien que les enfants soient la cible de ces livres, les adultes y sont autant représentés que les enfants. Ces livres les incitent à se projeter dans le futur, quand ils seront grands, quand ils auront un métier, quand ils seront parents eux-mêmes.
Les livres de la collection « La grande imagerie » chez Fleurus, représentent rarement des êtres humains, ainsi
Les planètes, Les volcans ou encore Les catastrophes naturelles ne montrent que de rares silhouettes, dont on ne peut déterminer le sexe. Dans La grande imagerie : La météo,
figurent six adultes, quatre hommes : deux cameramen et deux météorologues ; et deux femmes : celles-ci n’ont pas de métier technique, l’une est présentatrice météo à la télévision (p.23, fig 2), l’autre, représentée uniquement par une main aux ongles vernis, détruit la couche d’ozone en utilisant un aérosol (p.24).

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Si l’on exclut les portraits des scientifiques,
Copain des sciences est illustré de cent trente quatre personnages adultes, cent trois hommes et trente et une femmes. Aucune de ces femmes n’est une scientifique. C’est d’ailleurs un souriant jeune homme en blouse blanche qui, tout au long du livre, va incarner le scientifique type.
Le monde de l’informatique vu par
Histoire de… l’informatique a pratiquement supprimé les femmes, non seulement du groupe des informaticiens mais aussi du groupe des utilisateurs de l’informatique, en contexte professionnel ou privé. Sur soixante-huit personnages adultes représentés au travail, trois sont des femmes. Deux d’entre elles sont spectatrices d’une innovation réalisée par un homme, la troisième (p.27) est top model (fig 3). Elle est prise en photo en maillot de bain. Le photographe s’aperçoit ensuite sur son écran d’ordinateur qu’elle a les jambes poilues et retouche l’image. Non seulement nous sommes dans une situation totalement irréaliste (ne pas être parfaitement épilée pour une photo en maillot…), mais en outre, l’une des seules représentations des femmes de ce livre est la femme-objet, de surcroît imparfaite en tant que telle, que l’infographiste se charge de corriger. En effet, sur l’image suivante : une lectrice s’extasie devant la photo retouchée dans un magazine. En maîtrisant l’ordinateur, vous pouvez fabriquer des corps de femmes conformes à une norme esthétique et mystifier les femmes crédules : voilà pour la relation femmes et ordinateur !

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figure 3
Dans les classeurs d’expériences
Les petits débrouillards, les adultes sont en général utilisés pour illustrer de manière amusante l’expérience proposée. Dans les deux classeurs que nous avons étudiés,
les femmes sont pratiquement absentes des illustrations. Quand elles sont présentes, le ressort comique joue toujours sur les stéréotypes de sexe. Dans Des machines pour explorer le monde, deux femmes sont représentées : une sirène plantureuse en figure de proue d’une fusée conduite par un homme (p.137), une jolie autostoppeuse ramassée par un play-boy en voiture décapotable (p.281). Dans Le monde des extrêmes, nous voyons deux mamans distribuant des parts de tartes pendant que les hommes se demandent comment partager au mieux (pp.203 et 219). Enfin, dans Des machines pour explorer le monde, on ne verra aucune femme au volant d’aucun engin, que ce soit une voiture ou une fusée, Les femmes sont représentées uniquement si l’illustrateur trouve un intérêt spécifique à dessiner une femme, laquelle incarnera un rôle supposé féminin : la maman ou la séductrice. Pour les situations potentiellement neutres et notamment en contexte scientifique, c’est un homme qui sera préféré.

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Les exemples pourraient se poursuivre avec d’autres ouvrages. Ainsi,
L'encyclopédie vivante Méga benjamin
(fig 4) va présenter différents appareils électriques fonctionnant dans la maison (pp.118-119 sur l’électricité). Quatre personnes figurent : le père est allongé sur le canapé et regarde la télévision avec un casque pendant que la mère passe l’aspirateur ! Les deux fils sont plus actifs : l’un vide le lave-vaisselle et l’autre tond la pelouse. Nous retrouverons ce décalage dans l’ensemble du corpus : le monde des adultes apparaît plus conforme aux stéréotypes sexistes que celui des enfants. Dans le monde des enfants, filles et garçons vont avoir une certaine latitude pour échanger leurs rôles, même si les filles resteront toujours sous-représentées, en particulier quand il s’agira d’être actives face à la science.
Les livres documentaires pratiquent à longueur de pages une hyper-ritualisation de la société, pour reprendre le terme d’Erving Goffman,

c’est-à-dire qu’ils caricaturent un quotidien déjà stéréotypé, donnant une vision du monde des adultes où les rôles de sexes sont encore plus fermement définis que dans la réalité. Les femmes disparaissent presque totalement de l’univers de la production des sciences et sont également loin d’être représentées autant que les hommes dans le quotidien.

Qui expérimente ?

Les petits débrouillards
semblent être partis d’une volonté de représenter les sciences d’une manière équitable… volonté qui malheureusement n’a pas été appliquée jusqu’au bout. Tout commence par la présentation de la bande des débrouillards : trois garçons et deux filles (et un chien), parmi lesquels les rôles se répartissent d’une façon plutôt ingénieuse : un garçon et une fille se situent plutôt du côté de l’intelligence théorique, un garçon et une fille du côté de l’intelligence pratique et un garçon incarne le cancre de bonne volonté. Cette sympathique équipe, qui permettait une certaine mixité des activités par la suite, ne sera malheureusement jamais utilisée dans les fiches décrivant les expériences (seize par chapitre) et ne reviendra que dans les deux dernières fiches des chapitres pour apporter un supplément de connaissances.
Dans
Des machines pour explorer le monde et Le monde des extrêmes, apparaît une curieuse répartition. Dans ces deux classeurs, le premier chapitre se passe sous l’eau, l’un s’intitule « L’exploration des océans » et l’autre « Vivre sous l’eau ». Dans les deux cas, garçons et filles réalisent les expériences et sont également représentés dans les petits dessins amusants qui parsèment les histoires. Dans les autres chapitres, les filles vont presque totalement disparaître des expériences : une seule sur les seize fiches du chapitre « Fusées et satellites » et « Voir du plus petit au plus loin », aucune pour « Moteurs », « Fabriquer des engins », « Habiter dans l’espace » ou « Grande vitesse et petit poids ».
Dans
Copain des sciences, vingt-cinq garçons et seize filles seulement réalisent des expériences. De plus, trois filles servent de spectatrices à des garçons en train d’expérimenter, alors que la situation inverse n’a jamais lieu. L’encyclopédie Méga Benjamin proposera quatre pages d’expériences (p.122-125) intitulées « le savant en herbe », où un garçon réalisera toutes les expériences.
Finalement, ce vrai souci d’équilibre, nous l’avons trouvé, à force de recherches, dans
Kézaco,
petits albums traitant de physique. Chaque fois, les expériences et l’histoire sont menées par un garçon, une fille et un chat, et l’un des deux enfants ne sera pas blanc : une fille asiatique pour Le son, deux garçons noirs pour les aimants et la lumière. On y voit même une scène particulièrement rare dans les livres (mais non dans la réalité) : une fille en train de s’adonner à un jeu sur ordinateur. À la fin des ouvrages, deux pages mettent en scène une petite histoire où l’un des enfants joue le candide pendant que l’autre explique. Là encore, les rôles passent d’un sexe à l’autre selon les albums. Les albums Kézaco ne sont pas des ouvrages sur l’égalité des chances mais bien des albums documentaires traitant de sciences. Simplement, l’éditeur se soucie de fournir une représentation mixte du monde des sciences et de ses acteurs.

Un cas limite : les ouvrages sur le corps humain

Les documentaires traitant du corps humain se retrouvent doublement pris dans un jeu de représentation conforme aux normes du genre. En effet, non seulement hommes et femmes, filles et garçons ne vont pas être représentés de la même manière selon qu’ils et elles sont scientifiques ou usagers de la science, mais les corps étant eux-mêmes sexuées, nous allons assister à une construction biologique des corps d’hommes et de femmes, sous couvert de neutralité scientifique.
Le masculin neutre tente de se loger jusque dans les corps : sur les vingt-deux documentaires étudiés par Christine Détrez,

les deux tiers ne présentent que des corps d’homme (ou de garçon) en guise de support universel. Toutefois, lorsque les deux sexes sont représentés, nous allons voir que la répartition des organes ne se fait pas au hasard. En très grande majorité, les muscles sont présentés sur des corps de garçons : les garçons bandent leurs muscles, les hommes lèvent des poids ou font des pompes. Quand les filles ont des muscles, elles n’en font visiblement pas le même usage que les garçons. Dans La grande imagerie sur le corps
(p.19), un garçon joue au foot (muscles des jambes) et une fille berce sa poupée (muscles des bras). Dans Il était une fois la vie : Le corps, le garçon a des muscles à contraction volontaire : il plie le bras pour manger une pomme, alors que la fille a des muscles lisses, comme dans l’œsophage, qui laisse passivement descendre le bol alimentaire.
Au chapitre des hormones, va être abordé le sujet des règles. Détrez remarque la contribution particulièrement équivoque entre le texte et l’image dans
Visio : Le corps humain
(p.38) ; on y apprend qu’en cas de stress, le cerveau peut influencer la glande hypophyse et empêcher la menstruation. La situation illustrant ce paragraphe met en scène une jeune fille au milieu de livres. Comme le dit Détrez :
« Faire des études met en péril le principe même de la féminité, le système menstruel, et par là même, la reproduction… Entre cerveau et matrice, faire des études ou des enfants, il faut choisir. » (p.206)
De manière générale, on notera que le cerveau a fortement tendance dans les illustrations à se loger dans la tête des garçons, comme dans cette illustration inexplicablement dissymétrique.


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Pour plus de vigilance…


La déconstruction des stéréotypes de sexe est un exercice auquel les parents, les éducateurs comme les éditeurs ou auteurs de livres pour enfants sont rarement formés. Le genre demeure un impensé de la littérature pour enfants, les stéréotypes sexistes qui parsèment les ouvrages restent invisibles aux yeux des lecteurs et les auteurs. Dans le domaine des livres de documentaires scientifiques, beaucoup d’auteurs nous donnent à voir un monde hyper-ritualisé, frappé d’amnésie sélective et de cécité partielle. Or, tous les livres ne sont pas remplis de ces stéréotypes, et quand ils en présentent, ils ne sont pas également condamnables : entre
Histoire de… l’ordinateur, qui réécrit l’histoire pour en supprimer les femmes et finalement les faire disparaître de l’usage même de l’ordinateur, et Les petits débrouillards, qui part d’une sympathique équipe mixte mais oublie de s’en servir pour les expériences, il y a un monde. Enfin, certains éditeurs sont spécialement vigilants à l’égard de ces questions de discrimination, tant raciste que sexiste, comme Mango pour sa série Kézaco. Il est donc important d’appeler l’attention du public comme celle des éditeurs sur cette question du genre.
Aujourd'hui, pour prolonger cette prise de conscience, il est fondamental de :
— dénoncer les représentations sexistes des ouvrages existants afin que les médiathèques, centres de documentation et tout lieu qui se veut pédagogique, puissent être vigilants quant aux contenus des ouvrages qu’ils proposent
— former au genre les prescripteurs de ces ouvrages, enseignant(e)s, associations de parents d’élèves, libraires, etc., afin qu’ils et elles se rendent compte que le sexisme n’est pas une affaire du passé
— proposer des alternatives aux collections traditionnelles privilégiant les ouvrages, trop rares encore, qui ont la volonté de s’adresser aux filles et aux garçons de manière équivalente
Ces actions n’auront pas pour seul effet de multiplier les choix d’études, de loisirs et de métiers pour les filles, elles permettront aussi de construire un monde mixte dans lequel les garçons qui ne le désirent pas auront d’autres choix que les études techniques.

Elles permettront enfin de rendre la présence des filles moins incongrue dans les environnements scientifiques et techniques, moins exceptionnelle, de sorte que les sciences ne soient plus réservées à quelques rares Marie Curie, mais ouvertes à toutes.