Newton, les couleurs et la musique
Dorothée Devaux
et Bernard Maitte
Nous avons tous
appris qu’il y a sept couleurs : sept couleurs peintes d’après
un prisme, sept couleurs de l’arc-en-ciel… Ce nombre sept nous
vient de l’affirmation répétée, de la démonstration même, d’Isaac
Newton (1643-1727). Celui-ci, alors même qu’il renverse la
conception bimillénaire faisant du blanc une couleur homogène et
pure, et des couleurs des mélanges, des atténuations, des
« mises en acte » différentes ; il identifie sept
couleurs « primitives » et montre que leur mélange
produit le blanc. Newton adopte explicitement ce dénombrement afin
de pouvoir mettre en correspondance les couleurs
« simples » et les notes de musique. C’est sur la
justification qu’il donne de cette mise en relation que nous allons
nous pencher.
Les premières études sur les couleurs
Lorsque le jeune
Newton aborde l’étude des couleurs (1665), un seul de nos sens est
mathématisé, l’ouïe, depuis que les pythagoriciens ont relié notes
de musique et longueurs des cordes vibrantes. Une tradition
séculaire distingue alors sept notes et fait de la musique, pour sa
perfection, le couronnement des études dans les Facultés des Arts.
D’emblée, Newton se montre partisan d’une conception corpusculaire
de la lumière, qui « ne peut pas être une pression… car dans
ce cas nous verrions de nuit…aussi bien qu’en plein
jour » (1).
Il observe au travers d’un prisme la limite tracée sur un corps
entre des surfaces, l’une ombragée, l’autre blanche : elle
paraît colorée ; il y distingue alors du bleu, du vert, du
jaune, du rouge.
À
cette époque, il considère encore, dans la filiation
aristotélicienne, la lumière blanche comme homogène, les couleurs
comme un mélange d’obscurité et de lumière. Il explique que la
couleur est une illusion créée par notre sensorium.
Cette illusion vient d’un processus physique initial qui agit sur
l’œil : ou bien les rayons colorés vont à des vitesses
différentes ou bien ils sont associés à des corpuscules de
grosseurs différentes. Newton veut préciser ces sensations
colorées. Pour cela, il accumule les expériences faisant apparaître
les couleurs : en pressant l’œil, en observant par réflexion,
par réfraction, entre les barbes d’une plume, en considérant des
tissus colorés, des précipités de réactions chimiques, des prismes…
Il s’aperçoit alors que la lumière blanche pourrait aussi bien être
homogène qu’hétérogène, les couleurs également. Pour trancher, il
s’installe dans une pièce obscure, fait pénétrer un rayon solaire
par un trou percé dans un volet, fait tomber des rayons parallèles
sur un prisme et observe sur le mur opposé une tache oblongue
colorée (1666). Il y distingue trois couleurs, rouge, vert et bleu.
Il prend alors plusieurs prismes, fait tomber sur eux de la lumière
solaire, observe que le rouge est toujours le moins dévié, le bleu
toujours le plus. Dans la zone de l’écran où les couleurs
dispersées par les prismes – il en distingue maintenant cinq,
rouge, vert, bleu et pourpre – se superposent, il observe du blanc
(fig.1). Plusieurs autres expériences le persuadent que le blanc
est hétérogène, les couleurs homogènes, qu’à chacune de celles-ci
est lié « un degré de réfrangibilité » (indice de
réfraction) différent. Ceci l’amène à concevoir et à construire un
télescope sans lentilles (toujours dispersives, selon lui) : à
réflexion. Cette découverte lui permet d’obtenir, en 1669, une
chaire à Cambridge et d’être élu, en 1671, à la Royal
Society.
Dans
ses cours à Cambridge, prononcés devant un public très restreint
d’étudiants et qui seront publiés après sa mort, les
Lectiones
Opticæ (2), Newton
présente, évidemment, ses expériences sur les prismes et les
couleurs. Entre 1669 et 1671, il explique qu’il y a cinq couleurs
principales (rouge, jaune, vert, bleu, violet) et un nombre
indéfini de couleurs secondaires. Dans une révision de son cours
datant de 1672, on note une modification de sa conception :
les couleurs « simples » sont maintenant au nombre de
sept, Newton ayant ajouté aux cinq précédentes l’orange et
l’indigo, afin que les différentes parties accordées à chacune des
couleurs dans le spectre soient entre elles dans des rapports plus
élégants. C’est donc une question de beauté et d’harmonie qui lui
fait dénombrer sept couleurs. La même année, Newton met en forme
toutes ses expériences sur les couleurs et rédige une longue lettre
qu’il adresse, le 6 février 1672, à la Royal Society. Elle est lue
en l’absence de Newton deux jours plus tard, par le secrétaire de
la société, Oldenburg, et contient une théorie des couleurs
totalement novatrice par rapport aux conceptions antérieures. Il
note :
« [Ma
conception permet à] la science des couleurs de devenir
mathématique [car]…l’accord entre les couleurs
et
la réfrangibilité est très précis et très strict. » Newton
écrit un peu plus loin : « Il y a deux sortes de
couleurs : les couleurs simples et primitives d’une part,
leurs mélanges d’autres part. Les couleurs primitives ou primaires
sont le rouge, le jaune, le vert, le bleu, un violet pourpre, avec
aussi l’orange, l’indigo et une variété indéfinie de nuances
intermédiaires. » (3)
Sept
couleurs primitives donc, comme dans les cours, mais avec un statut
un peu particulier pour l’orange et l’indigo, ajoutés à la liste
sans tenir compte de leur position dans le spectre.
Un
passage de la lettre établit une analogie entre couleurs et
sons. La réception
de la lettre de Newton est ambiguë : initialement très
satisfaite, la Royal Society désigne une commission pour
l’examiner. Huit jours plus tard, le compte rendu tombe, qui
exprime une divergence fondamentale avec Newton. Celle-ci est
ensuite précisée à plusieurs reprises par Robert Hooke (1635-1703),
qui présidait la commission : ce n’est pas la conception de la
dispersion des couleurs ni leur nombre qui est surtout en cause,
mais la théorie corpusculaire de la lumière qui la sous-tend.
Hooke, farouche partisan d’une théorie ondulatoire, reconnaît la
réalité des résultats expérimentaux, qu’il « a trouvé avant
[Newton]», mais reproche à celui-ci de mêler le compte rendu des
expériences et leur interprétation, conteste celle-ci en ce que,
pour lui, les couleurs ne préexistent pas dans la lumière
solaire,
« pas plus
que les sons que l’on entend s’échapper des tuyaux d’orgue ne
doivent être en premier lieu dans l’air de la caisse de la
soufflerie ou bien dans la corde où par la suite ils seront
produits en diversifiant les arrêts et les
chocs. » (4)
Voici une autre
analogie musicale, utilisé a contrario contre
Newton. Dépité, celui-ci écrit à Oldenburg :
« J’ai
l’intention de ne plus m’occuper de philosophie…vous favoriserez ma
détermination en empêchant les objections ou d’autres lettres me
concernant. » (5)
La correspondance entre notes et couleurs
Entre
1664 et 1666, Newton avait produit plusieurs brouillons et un texte
« Of Musick », dans lesquels il compile des
renseignements sur les intervalles musicaux selon l’échelle de
Zarlino, utilisée alors. (6) Dans la lettre à Oldenburg de 1672, il
discute les intervalles musicaux.
En 1675, Newton
écrit une autre lettre, à Oldenburg. Il revient sur les sept
couleurs « simples » : il indique
que la lumière produit dans l’œil des vibrations qui excitent le
nerf optique et produisent les mêmes harmonies et discordances que
celles engendrées par les sons. Il répartit donc les
couleurs selon des
proportions précises, ordonnées conformément, dit-il, aux règles de
l’harmonie musicale. (7) Pourtant, dans l’œuvre majeure de Newton,
celle par laquelle il reprend contact avec la philosophie, établit
la « gravitation universelle », invente le calcul
infinitésimal, les Principia
mathematica…, adressés à la
Royal Society en 1676, publiés l’année suivante, Newton n’évoque
que très brièvement la lumière. Il ne fait que l’intégrer dans sa
conception du monde, qui s’étend de l’infiniment petit à
l’infiniment grand (trajectoires des planètes, cosmos), en se
contentant de montrer qu’un mobile passant d’un milieu à un autre
et subissant l’action d’une force perpendiculaire à la surface de
séparation suit une trajectoire telle que les lois de la réflexion
et de la réfraction sont vérifiées. (8) Il
précise :
« À
cause de l’analogie qui est entre le mouvement progressif de la
lumière, et celui des autres projectiles, j’ai cru nécessaire
d’ajouter les Propositions suivantes en faveur des Opticiens. Au
reste, je ne m’embarrasse point de la nature des rayons, je
n’examine point s’ils sont matériels ou non ; mais je me
contente de déterminer les trajectoires des corps, qui peuvent être
semblables à celles que décrivent les rayons. »
(9)
Newton veut
épargner à son œuvre les critiques sur sa théorie de la lumière,
mais il ne trompe pas : c’est bien une conception
corpusculaire qui sous-tend sa démonstration. Rien sur les couleurs
dans ces Principia… .
Un peu plus loin, il donne cependant les objections qu’il formule à
l’encontre d’une théorie ondulatoire de la
lumière :
«
Le son s’entend quoiqu’il y ait une montagne entre le corps sonore
et nous, et lorsqu’il entre dans une chambre, en sorte qu’on
l’entend de tous les coins, non pas tant parce qu’il est réfléchi
par les murailles de la chambre opposées au lieu où on l’entend,
que parce qu’il y arrive en droiture de la fenêtre… »
(10)
Il appuie ce
raisonnement par un dessin (fig.2), qui ne saurait s’appliquer à un
faisceau lumineux. Réponse indirecte à Hooke.
Quelques mois après la mort de Hooke, en 1703, Newton donne enfin
son Optique,
rédigée bien avant, qui reprend et donne complètement pour la
première fois ses travaux et déductions sur la lumière et les
couleurs, effectués entre 1665 et 1675. On y retrouve toutes les
précisions nécessaires sur la mise en relation des sept couleurs et
des sept notes de musique. Newton demeure partisan d’une théorie
corpusculaire de la lumière. Il en vient, certes, dans la dernière
partie de son ouvrage, à introduire, pour expliquer les couleurs
des bulles de savon, des vibrations déclenchées par l’arrivée des
rayons lumineux dans un éther emplissant l’espace (les
accès),
mais ne le fait que sous forme de « questions ».
(11) Fondamentalement, ne nous attendons donc pas à trouver
développée une identité entre sons et couleurs, mais la marque que
deux phénomènes différents peuvent être quantifiés de la même
manière, ce qui permet de mettre la théorie de la lumière en
concordance avec l’harmonie générale du monde.
Dans le livre I de l’Optique,
Newton décrit
les observations et problèmes qui lui permettent ensuite de tirer
des conclusions sur la lumière ; il relate ainsi le relevé des
positions des couleurs dispersées par prisme :
« …Une
personne…ayant la vue plus pénétrante que moi pouvait mieux
discerner les couleurs, tirant en travers sur le spectre les lignes
droites… [elle] marquait les confins des couleurs. Et cette
opération ayant été répétée plusieurs fois … je trouvai que les
observations s’accordaient assez bien et que les côtés rectilignes
mg et fa étaient divisés par les dites lignes qui coupaient le
spectre de travers, de la même manière qu’est divisée la corde d’un
instrument de musique. » (12) (fig.3)
Newton
ne voit pas lui-même sept couleurs. Il laisse ce soin à un aide à
la vue pénétrante. C’est celui-ci qui trace les limites des
couleurs, Newton constate que ces observations sont reproductibles.
Objectivement, il peut en tirer une conclusion fondée sur
l’expérience : la partition entre les couleurs et celle des
cordes vibrantes d’un instrument de musique se fait de la même
manière. La mise en relation des notes de la gamme et des couleurs
peut donc être affirmée.
Sur cette
homologie, Newton s’attarde longuement :
« Soit gm
prolongée en x, de sorte que mx soit égale à gm et imaginez que
gx, λX,
υX,
ηX,
εX,
γX,
αX,
mx soient les unes aux autres dans la proportion des nombres 1,
8/9, 5/6, 3/4, 2/3, 3/5, 9/16, 1/2 et qu’ainsi elles représentent
les cordes de la clé, du ton, de la tierce mineure, de la quarte,
de la quinte, de la sixte majeure, de la septième et de l’octave du
dessous de la clé et des intervalles Mα,
αγ,
γε,
εη,
ηυ,
υλ,
λG
seront les espaces occupés par différentes couleurs, le rouge,
l’orange, le jaune, le vert, le bleu, l’indigo, le violet. »
(13)
L’analogie
est très précise. Elle est démontrée. Newton note, en effet, que,
en passant du verre dans l’air, les sinus d’incidence (angle i)
sont aux sinus des angles de réfraction selon le rapport sinus
i/sinus r = 50/77. Lorsqu’il y a dispersion après le prisme, chaque
couleur est liée à une différence de réfraction. Pour deux couleurs
différentes, les rapports varient donc. Les mesures de
réfrangibilités
permettent
d’obtenir des proportions qui sont les mêmes que celles citées pour
la musique. L’analogie couleurs/notes s’appuie donc sur une
apparente correspondance numérique. Encore faut-il savoir à quoi
correspondent, dans le domaine musical, les proportions citées. En
d’autres termes, dans quelle échelle sont-elles
repérées ?
Premières
difficultés…
Des premières
difficultés, d’ordre sémantique, apparaissent d’abord :
« cordes de la clé » est
une expression imprécise. Quelle clé est-elle concernée ?
Depuis la Renaissance, on en compte… sept. Celle d’ut ? et que
sont les « cordes » de cette clé ? Pourquoi ne pas
parler de tons, d’intervalles ? Pourquoi préciser tierce
« mineure » et sixte « majeure » et ne pas
qualifier la quarte, la quinte (sont-elles
« justes » ?), la septième (est-elle mineure ou
majeure ?).
Une imprécision
plus grande affecte ce qui semble le plus précis : les
proportions indiquées. Pour caractériser les différents intervalles
musicaux, il faut connaître, nous l’avons dit, dans quelles
échelles ils sont notés. Or, à partir de 1660, l’Angleterre voit
son activité musicale stimulée par Charles II. Celui-ci développe
la musique de cour, lui fait jouer un rôle éducatif essentiel, la
réserve à une élite, incite ses musiciens à se déplacer en France
et en Italie pour qu’ils se forment, composent à la française ou à
l’italienne, perfectionnent l’institution musicale. Il s’ensuit que
plusieurs échelles sont alors utilisées en Angleterre, des plus
traditionnelles (pythagoriciennes) aux nouvelles (celle de
Werckmeister). Nous allons voir que les rapports qu’elles
introduisent entre les notes sont différents. Nous devons donc
décrire les échelles, afin de pouvoir déterminer celle à laquelle
fait référence Newton.
Les échelles
pythagoriciennes, les plus anciennes, employées en Grèce antique et
au Moyen Âge, s’introduisent de manière naturelle. Elles sont
entièrement basées sur l’utilisation de la division de longueurs
d’objets sonores, tels que cordes vibrantes ou tuyaux, par des
nombres ou des fractions simples, créant ainsi des intervalles purs
tels que la quinte ou l’octave de rapports naturels respectifs 3/2
et 2 .Elles présentent un pseudo-cycle de cinq quintes, dont chacun
a un rapport de 3/2.
Partons du do,
associé au rapport 1 et multiplions le par 3/2, on obtient ainsi le
sol, placé à la quinte d’un rapport 3/2. Répétons l’opération, on
obtient le ré, à une quinte du sol précédent et situé dans l’octave
supérieure de celle de départ. Nous obtenons 9/4 (3/2
×3/2)
que l’on divise par 2, puisqu’elle est à l’octave supérieure, ce
qui donne 9/8. Le processus est effectué par
quintes ascendantes.
Pour
l’enchaînement des premières, nous aboutissons au tableau
suivant :
|
do |
ré |
mi |
sol |
la |
si |
do |
| 1 |
9/8 |
81/64 |
3/2 |
27/16 |
243/128 |
2 |
En continuant
par quinte ascendante, nous obtiendrions les rapports liés aux
notes fa#, do#, sol#, ré#, la# et mi#. Il nous manque alors ceux
répondant aux notes fa, si b, mi b. Pour les obtenir, on
procède désormais de façon inverse, c’est-à-dire en divisant par
3/2, ce qui revient à multiplier par 2/3 et en respectant également
le rapport de 2 pour revenir dans l’octave initiale, ce qui donne
finalement :
|
do |
ré |
mi b |
mi |
fa |
| 1 |
9/8 |
32/27 |
81/64 |
4/3 |
|
sol |
la |
si b |
si |
do |
| 3/2 |
27/16 |
16/9 |
243/128 |
2 |
Il est cependant essentiel d’observer que l’intervalle formé par la
succession des douze quintes pures, qui s’étend de do à si#, est
légèrement supérieur à l’intervalle de sept octaves consécutives.
Ces deux progressions coïncident à un comma
pythagoricien*
près. Pourtant,
ce rapport 2 réservé à l’octave est bien conservé, car il s’agit
d’un intervalle pur. Elles aboutissent à une gamme de sept notes,
qui peuvent être utilisée de sept manières, selon la note de
départ. On obtient ainsi sept modes, « les modes grecs »
primitifs, constituant sept répartitions d’intervalles différentes
(fig.4) … dont aucune ne correspond aux proportions données par
Newton : certes, celui-ci calcule ses proportions par rapport
à gx et nomme les couleurs à partir de m. Il faut donc multiplier
systématiquement par deux les fractions lues dans
l’Optique
et
en inverser l’ordre. Elles deviennent 1, 9/8, 6/5, 4/3, 3/2, 5/3,
16/9. Elles ne correspondent guère à la gamme
pythagoricienne : le rapport 16/9 apparaît et correspond au
si b; mais si telle est la référence, seuls sont valables le
ré et le sol. Il s’ensuit que seuls le ton, la quinte et la
septième coïncident avec cette échelle. Si Newton utilise une
échelle pythagoricienne comme référence, la correspondance avec le
spectre coloré n’est pas vérifiée, quelle que soit la solution
retenue. Il faut chercher ailleurs…
*Comma
pythagoricien : excédent
relatif entre les douze quintes pures et les sept octaves. Ce
rapport est égal à (3/2)12/27
=
312/219
.
Ce rapport vaut à peu près 1,01364.
Au XVIIe
siècle, ces
modes sont progressivement abandonnés, car les tierces
pythagoriciennes sont trop grandes par rapport aux tierces
naturelles. Ces dernières sont obtenues grâce au monocorde,
instrument composé d’une caisse de résonance rectangulaire et
graduée sur laquelle est tendue une corde de boyau. Un chevalet
mobile permet de réduire à volonté la longueur de la corde et de
mesurer ainsi les intervalles. (14) La tierce dite
« naturelle » provient de la division de cette corde et
correspond au rapport 5/4. Ce défaut ne gênait pas la polyphonie,
qui n’utilisait pratiquement pas ces tierces. Pourtant, à partir de
la Renaissance, les compositeurs ont tendance à s’arrêter de plus
en plus longuement sur des accords comportant des tierces, qu’il
fallait écrire harmoniquement. Au XVIe
siècle, une
nouvelle gamme est proposée par le théoricien Giosseffo Zarlino
(1517-1590) : l’échelle zarlinienne, qui sera prise comme
référence pendant toute la période baroque. C’est à elle que fait
référence Newton dans ses écrits restés non publiés de
1664-1666. (6)
Zarlino
introduit la tierce dans les calculs des rapports musicaux, et le
rapport 5/4 adopté pour la tierce majeure. Les divisions suivantes
sont alors adoptées.
|
do |
do
# |
ré |
mi b (tierce mineure) |
mi |
fa (quarte) |
fa# |
| 1 |
25/24 |
9/8 |
6/5 |
5/4 |
4/3 |
45/32 |
| sol (quinte) |
sol
# |
la |
si b |
si |
do |
| 3/2 |
25/16 |
5/3 |
9/5 |
15/8 |
2 |
Elles
correspondent en partie aux rapports corrigés indiqués par
Newton : les cinq premiers intervalles sont ceux qu’il a
nommés : ton, tierce mineure, quarte et quinte
(« justes ») et sixte. Cependant, la septième,
correspondant au rapport 16/9, est intermédiaire entre le si et le
si bémol c’est-à-dire que cet intervalle ne peut être qualifié ni
de septième majeure, ni de septième mineure. En revanche,
rappelons-nous que ce rapport coïncidait avec la gamme
pythagoricienne. Newton aurait-il fusionné artificiellement les
deux gammes pour la nécessité de sa démonstration ?
Des espoirs demeurent…
Peut-être
pas ; s’ouvre en effet une autre piste : avec le besoin
de changer fréquemment de tonalité à l’intérieur d’un même morceau,
la nécessité de construire de nouvelles échelles transposables
s’est fait sentir à partir du XVIe
siècle. Nombre
de théoriciens ont essayé de résoudre ce problème. Leurs efforts
ont abouti à la création de l’échelle tempérée, utilisée
actuellement de façon presque universelle, car elle est
mathématiquement cohérente, transposable et simple… mais au prix
d’approximations introduites progressivement. La première est celle
du « tempérament mésotonique », largement utilisé au
XVIIe
siècle. Les
compositeurs désirent avoir la possibilité de moduler loin de la
tonalité de départ sans se heurter à des intervalles brusquement
faux, les interprètes veulent jouer des pièces de tonalités très
différentes sans avoir à réaccorder leur instrument entre chacune.
Le tempérament mésotonique satisfait les uns et les autres en ce
qu’il s’appuie sur des tierces majeures « pures » :
le principe est de répartir la « fausseté » entre les quintes
justes et les tierces majeures. Celle-ci est calée sur la tierce
naturelle de rapport 5/4 (abaissée par rapport à la tierce
pythagoricienne) et les deux tons qui la composent ne sont plus
inégaux (comme dans la gamme du Zarlino), mais égaux. Le ré se
trouve à égale distance du do et du mi. Le ton de ce tempérament
est alors inférieur au rapport 9/8. Hélas, il n’a nulle
correspondance avec Newton, corrigé ou non.
À partir de la fin du XVIIe
siècle, des
tempéraments plus complexes voient le jour, afin que certaines
tonalités ne sonnent plus faux. Andréas Werckmeister (1645-1706),
adversaire du tempérament mésotonique, propose en 1691 six
tempéraments différents, chacun apportant une solution à différents
problèmes. Le plus connu est le troisième, qui reprend le principe
de la diminution de la quinte à 3/2 par un quart de
« comma syntonique* »
pour les quatre premières quintes uniquement. Il s’ensuit que les
tons (do-ré), quinte (do-sol) et sixte (do-la) ne répondent plus
aux rapports respectifs 9/8, 3/2 et 5/3. Ce tempérament est
pourtant un tempérament inégal, où les tonalités centrées autour de
do sonnent très bien, mais où la justesse se dégrade lorsque l’on
s’éloigne de celle-ci. C’est ainsi qu’aurait été composé par
Bach Le clavier
bien tempéré, qui permet des
tonalités jusqu’alors inaccessibles. Ici, le ton, la quinte et la
sixte voient leurs proportions diminuer et les intervalles
s’éloignent de ceux indiqués par Newton… et il est, en outre, peu
vraisemblable que celui-ci ait connu l’échelle de Werckmeister,qui
a toujours vécu en Allemagne… Point de correspondance non plus avec
Henry Purcell (1659-1695), contemporain anglais de Newton,
compositeur officiel de Charles II. Quand il compose
Dido and
Aeneas (1689), son
écriture musicale est simple, basée sur des lignes monodiques, qui
relatent un héritage passé. Mais il ne se contente pas uniquement
de cette écriture archaïque puisqu’il maîtrise parfaitement le
contrepoint, lequel s’appuie sur des lignes, mais dessine aussi une
musique plus « verticale », liée à l’enchaînement des
accords . C’est justement cette prise de conscience vis-à-vis
de l’existence d’une musique verticale,
*comma
syntonique :
excédent entre la tierce pythagoricienne et la tierce majeure dite
« naturelle ». Ce comma est égal à (81/64) / (5/4) soit
81/80, c’est-à-dire approximativement 1,0125.
grâce notamment
à la naissance d’une autre technique musicale, la basse
chiffrée, qui oriente à penser l’harmonie en tant non plus
d’intervalles mais d’accords. Purcell, s’inspirant du madrigal
italien, se permet des audaces telles que l’emploi de tonalités
très éloignées : en effet, passer, par exemple, d’une tonalité
avec quatre dièses à une tonalité qui comporte trois bémols est osé
pour l’époque. Il utilise aussi les trilles, les mordants,
ressources pour écrire une musique très expressive et déclamée,
provenant souvent de l’adaptation d’un texte, d’un poème. Nous
sommes loin des intervalles précis évoqués par Newton. Y a-t-il
donc « lecture avec les yeux de la foi » chez Newton ou
manque d’information de notre part ?
Y a-t-il quelque arrangement dans cette
affaire ?
Ce qui semble
renforcer l’hypothèse de l’arrangement – tous les physiciens
polissent toujours quelque peu leurs mesures —, c’est que, lorsque
Newton commence à présenter ses expériences dans
l’ « Optique »,
(15) avant donc de parler des rapports, il fait tomber de la
lumière solaire sur un prisme et obtient, dit-il, un spectre
coloré, composé de couleurs homogènes et de leurs mélanges (fig. 5
en haut). Les couleurs homogènes se présenteraient selon des
cercles correspondant au diamètre apparent du soleil, au nombre de
six. Les intersections de ces cercles produiraient les mélanges.
Voulant éliminer ceux-ci, Newton veut diminuer le rayon des taches
colorées. Pour cela, il faut ne prendre qu’une partie de la lumière
provenant du disque solaire. Newton dit percer un petit trou dans
un volet et placer une lentille avant le prisme, de telle manière
que l’image directe formée sur un écran ait un diamètre égal à
celui du trou (fig. 6). Il obtiendrait alors après le prisme une
image où apparaîtraient six couleurs selon des petits cercles
séparés les uns des autres (fig. 5 en bas). Newton calcule que les
couleurs de ces cercles sont soixante et onze fois moins composées
que la lumière directe du soleil. Ce sont alors pratiquement des
couleurs homogènes. Il y en a six et non sept... mais peut être
Newton n’avait-il pas eu ici recours « à une personne ayant la
vue plus pénétrante que [lui] » ? Il semble pourtant que
les couleurs homogènes étant séparés, il est facile de les
compter... mais, plus sérieusement, nous pouvons douter de la
réalité de l’expérience décrite. Celle-ci est, à coup sûr, une
expérience mentale illustrant les prédicats de la théorie. Nous
savons, en effet, aujourd’hui que le spectre solaire est continu.
Pour discrétiser les couleurs, il faut, par exemple, utiliser un
collimateur placé après le prisme, ce que ne fait pas Newton. Il ne
peut donc obtenir ce qu’il décrit. De plus, les couleurs homogènes
sont ici représentées comme équidistantes. Les rapports
indiqués par
Newton n’interviennent pas…
Le
cercle chromatique
Laissons ce problème en suspens et intéressons-nous au second
passage important de l’Optique
où
Newton parle des sept couleurs et des sept notes : celui où il
introduit son célèbre cercle chromatique. Il le fait pour répondre
à un problème qu’il formule ainsi :
« Dans
un mélange de couleurs primitives, la quantité et la qualité de
chaque couleur étant données, connaître la couleur du
composé. » (16) Le début de la résolution est exprimé
ainsi : « Du centre o, et de l’intervalle od, soit décrit
un cercle adf et soit sa circonférence distinguée en sept
parties… » (fig. 7) Ces sept parties sont de, ef, fg, ga, ab,
bc, cd « proportionnelles aux sept tons de musiques ou aux
intervalles des huit sons contenus dans une octave, sol, la, fa,
sol, la, mi, fa, sol, c’est-à-dire proportionnelles aux nombres
1/9, 1/16, 1/10, 1/9, 1/10, 1/16, 1/9. »
Remarquable
symétrie dans cette suite de rapports, mais d’où
viennent-ils ? Ils ne correspondent pas à ceux envisagés
précédemment pour la division linéaire du spectre… et les notes
associées s’étendent sur deux octaves. Les deux
couleurs ajoutées par Newton en 1672, orange et indigo,
correspondent à des demi-tons. Newton explique ensuite
l’utilisation de ce cercle : les parties de, ef, représentent
les nuances du rouge, de l’orange… (fig. 7) ; les
« centres de gravité » des arcs de, ef… sont p, q… Autour
de ces centres sont décrits
« des
cercles proportionnels aux nombres des rayons de chaque couleur du
mélange donné… »
(qu’est-ce que
le « nombre de rayons » ?) On trouve le centre de
gravité commun à tous ces cercles (par exemple, z) et l’on tire de
ce point le rayon o, qui coupe le cercle en y, point déterminant la
couleur du mélange (ici, un orange tirant vers le rouge). Une
certaine imprécision est patente chez Newton, qui l’avoue
d’ailleurs un peu plus loin :
« Quoique
cette règle ne soit pas d’une justesse mathématique, je crois que
pour la pratique, elle est assez
exacte »…
et – c’est le
plus important pour le problème étudié ici – les rapports associés
aux notes de musique ne correspondent à aucune des échelles
évoquées précédemment. Comme l’a souligné très justement Jean-Marc
Lévy-Leblond :
« Newton
procède à cette discrétisation du spectre en pleine connaissance de
la contradiction entre la réalité et son désir d’un strict
classement en sept couleurs « simples » séparées
…» (17)
Intégrer les découvertes sur les couleurs dans l’ordre
divin.
Par ses études sur les couleurs, Newton vient de renverser la
tendance vieille de deux mille ans qui faisait du blanc une couleur
pure et des couleurs ses contaminations. Il vient de quantifier les
couleurs, étendant donc à la lumière un traitement mathématique qui
n’existait avant lui que pour les sons. Dans cette grande
réorganisation, pourquoi ne pas tenter de faire une analogie entre
couleurs et notes de la gamme ? Le premier sens chez les Grecs
du mot analogie se réfère aux proportions mathématiques, qui sont
des outils pour appréhender l’unité. Chez les pythagoriciens, les
nombres sont les causes et les principes des choses, donnent la
clef des lois de l’harmonie cosmique. Pour eux, est fondamentale la
constatation que les accords musicaux agréables sont produits par
les longueurs des cordes des instruments exprimées dans les
rapports numériques simples: ils veulent les dénombrer. Selon
Aristote, sons, couleurs, saveurs agréables obéissent à certains
rapports numériques. Il y a pour lui des couleurs agréables,
d’autres qui peuvent choquer. Sons et couleurs agréables résultent
de proportions simples, heureuses, faciles à calculer. Les autres
sont incommensurables. À ses yeux, il est absurde de vouloir
dénombrer les couleurs agréables : contrairement aux
pythagoriciens, il estime que les nombres ne sont pas causes des
choses. La musique est une « science mixte », entre
arithmétique et physis, comme l’explication de l’arc-en-ciel
appartient à une autre médiété, entre géométrie et physis, cette
fois. Au Moyen Âge, l’étude de la musique couronne, dans les
Facultés des Arts, le cycle du quadrivium
(arithmétique,
géométrie, astronomie, musique). Les maîtres s’y appuient sur les
traités de Boèce pour enseigner une science du nombre rapportée aux
sons, consonances, intervalles, échelles pythagoriciennes,
conditions de l’harmonie. Ils dénombrent les couleurs
agréables : cinq généralement. Un petit traité du
XIVe
siècle, qui peut
représenter une tendance de cet enseignement, essaye de résoudre le
conflit entre Aristote et Boèce en soulignant la diversité des
expériences sensibles du toucher, de l’odorat, du goût, de
l’audition, de la vue. (18) Il distingue trois proportionnalités,
arithmétique, géométrique, harmonique, communes aux saveurs,
odeurs, couleurs et sons : en particulier, couleurs et sons
agréables correspondent, selon lui, à cinq rapports qui procurent
le plaisir des sens. La typologie adoptée par l’auteur unit rouge
brique, octave, rapport 2/1 ; jaune d’or, quinte redoublée à
l’octave, 3/1 ; rouge écarlate, quinte, 3/2 ; vert
bleuâtre, double octave, 4/1 ; vert, quarte , 4/3. Newton
connaissait-il cette tradition ? Voulait-il atteindre la
perfection pythagoricienne en introduisant un dénombrement des
couleurs ? Peut-être, mais il y a plus : dans le
Timée,
Platon introduit des proportions, des rapports, qui conduisent à
identifier sept nombres fondamentaux constituant l’âme et se
retrouvant dans toute la création. À l’époque de Newton, sont très
étudiées les œuvres d’un commentateur de Platon, Théon de Smyrne
(vers-100). Celui-ci développe une mathématisation à des fins
philosophiqueS et introduit des rapports caractérisant les dyade,
triade, tétrade … et leurs « médiétés », terme très
aristotélicien, nous l’avons vu. Théon est à la mode dans le
contexte de l’Angleterre du XVIIe
siècle, qui,
pour s’opposer à Aristote, se penche vers le néo-platonisme. Les
proportions introduites par Théon sont, justement, au nombre de
sept, et se retrouvent dans l’astronomie, la mesure des montagnes,
la musique. (19) Théon y déduit la structuration de l’âme d’une
analogie musicale, où sept nombres encadrent des moyennes
géométriques faisant apparaître sur une double octave les tons,
quarte et quinte…
C’est donc dans
une triple filiation que Newton place sa théorie des couleurs.
Celles des traditions pythagoricienne et néo-platonicienne d’abord.
La judéo-chrétienne ensuite, où le nombre sept joue un rôle
important dans la Bible et l’Apocalypse (les sept plaies d’Égypte,
les sept péchés capitaux, les sept lettres, les sept lampes
ardentes, les sept esprits de Dieu). Enfin, dans une tradition
symbolique et sacrée, qui fait de sept le nombre le plus important
après trois. (20) Sept représente donc pour Newton la cohérence de
la création :
« L’harmonie
et la discordance des couleurs ne pourraient-elles pas venir des
proportions des vibrations continuées jusqu’au cerveau… comme
l’harmonie et la dissonance des sons viennent des proportions des
vibrations de l’air ?» (21)
La
concordance entre un phénomène corpusculaire (lumière) et un
phénomène ondulatoire (sons) viendrait-elle donc de ce que les
processus physiques donnent naissance, dans l’œil et dans
l’oreille, à d’autres processus, ondulatoires, de nature physique
et/ou physiologique, conduits dans le cerveau par des vibrations,
engendrant dans l’encéphale des « illusions » colorées ou
sonores ? Nous
l’avons vu, cette
conjecture avait
été formulée par Newton dés 1675. Elle est somme toute,
assez rationnelle. Elle est, de plus, cohérente avec la théorie des
« accès » par laquelle Newton explique les couleurs des
bulles de savon (11). Par contre, Newton étend un peu plus loin sa
conjecture, de manière totalement métaphysique et
idéologique.
« Sur
ce pied-là, la nature se trouvera très simple et conforme à
elle-même, produisant tous les grands mouvements des corps
célestes… et presque tous les grands mouvements [des] particules
[des corps]… Toutes les choses dûment considérées, il me semble
très probable qu’au commencement, Dieu forma la matière en
particules solides avec… telles proportions… C’est à celui qui créa
ces particules qu’il appartenait de les mettre en ordre… une
uniformité aussi merveilleuse… doit être nécessairement regardée
comme l’effet d’un choix. »
(22)
Dans
sa grande réorganisation de la physique, Newton éprouve le besoin
de s’assurer, et se réassurer de manière mystique
—
comme l’avait fait Kepler à propos de l’astronomie —,
en
invoquant l’ordre du monde. La quantification des couleurs est mise
en cohérence avec la totalité de l’œuvre de Dieu. Par le chiffre
sept, Newton atteint la beauté et la perfection. Ceci ne
mérite-t-il pas un petit coup de pouce destiné à forcer un peu des
rapports à entrer dans le cadre ?
Bibliographie
Pour en savoir
plus :
Bernard
Maitte, Histoire de
l’arc-en-ciel, Paris, Seuil,
Science ouverte, 2005.
Peter
Pesic, Isaac
Newton and the Mystery of the Major Sixth: A Transcription of is
Manuscript “Of Musick” with Commentary (October
3, 2006, à paraître).
1. Isaac Newton, Carnet de notes, présenté par A. R. Hall,
« Further Optical Experiments of Isaac Newton »,
Annals of
Science,
n° 111,1995, n. 40, p. 246.
2. Isaac
Newton , Lectiones
Opticae…, voir
A. E. Shapiro, Optical
Papers of Isaac Newton, Cambridge
University Press, 1984.
3.
Isaac Newton, « Lettre à Oldenburg », Philosophical
Transactions, 80, 19 février
1671-1672, p. 3075-3087. La lettre a été partiellement
traduite en français par M. Blay, La
conceptualisation newtonienne des phénomènes de la
couleur, Paris, Vrin,
1983, p. 179-189.
4.
Robert Hooke, Lettre à
Oldenburg du 15 février 1672, Newton,
Correspondance,
t. 1, p. 114.
5.
Lettre à
Oldenburg du 23 juin 1673, Newton,
Correspodance,
op. cit.,
t. 1, p. 117.
6.
Peter Pesic,
Isaac Newton and the Mystery of the Major Sixth: A Transcription of
his Manuscript “Of Musick” with Commentary (October
3, 2006, à paraître).
7.
Lettre à
Oldenburg du 7 décembre 1675, Newton,
Correspodance,
op. cit.,
t. 1, p. 377.
8.
Isaac Newton, Principes
Mathématiques de la Philosophie Naturelle, traduit par la
Marquise du Chastelet, Paris, Desaint et Saillant, 1759, livre I,
14ème
section,
t. 1, p. 235-243.
9.
Isaac Newton, Principes…,
op. cit., livre 1,
14ème
section, prop.
16, théorème 1, scholie, t.1, p.239-240.
10.
Isaac Newton, Principes…,
op. cit., livre 2,
8ème
section, prop.
42, théorème 33, t.1, p. 397.
11.
Isaac Newton, Traité
d’optique, reproduction
de la seconde édition de la traduction de M. Coste (1722), Paris,
Gauthier-Villars, livre III, Questions ? Q. XVII à XXIV et
Q. XXVII à XXXI. Voir aussi Bernard Maitte,
La
lumière, Paris, Seuil,
Points-Science, 1981 (réed.2002), p. 116 à
151.
12.
Isaac Newton, op.
cit. (10), livre I,
partie II, 3e
proposition,
problème I., p. 142.
13.
Ibid
p. 143.
14. Marc
Honegger, Connaissance
de A à Z de la musique, Paris, Bordas,
1996, p. 136.
15.
Isaac Newton, op.
cit. (10), livre 1,
partie. II, 4e
proposition,
problème I, p. 68 et fig. 23.
16.
Isaac Newton, op.
cit. (10), livre 1,
partie II, 6e
proposition,
problème II, p. 173 et fig. 11.
(17)
Jean-Marc Lévy-Leblond, «Les x couleurs de
l’arc-en-ciel »,
La vitesse de l’ombre,
Seuil, 2006, p. 45-60.
18. Christian
Meyer, Musica est
indita nobis naturaliter : musique spéculative et philosophie
de la nature, Archives
d’Histoire Doctrinale et Littéraire du Moyen-Age, 72, 2005,
p. 277-321.
19.
Joëlle Delattre, « Rapport numériques et harmonie en Grèce
ancienne… », Contribution
à une approche historique de l’enseignement des
mathématiques, IREM des Pays
de Loire, mai 1999.
20.
Bernard Maitte, Histoire de
l’arc-en-ciel, Paris, Seuil,
Science ouverte, 2005, p.184 et suiv.
21.
Isaac Newton, op.
cit. (1), livre
III, question XIV, p. 414.
22.
Ibid,
question XXI, p. 482-494.