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Inventaire
d'une collection d'ustensiles se trouvant dans la maison de Sir H. S.
et qui doivent être vendus aux enchères publiques la semaine
prochaine.
Hans
Georg Lichtenberg
Le deuxième centenaire de la mort
de Hans Georg Lichtenberg (1742-1799) est passé trop inaperçu.
Lichtenberg n'a pas pour seul titre de gloire " le couteau sans lame
auquel il manque le manche ". Cette invention en accompagnait bien
d'autres, que l'on trouvera ci-dessous, et qui ont dû inspirer Borges,
Perec et Carelman. Surtout connu de nos jours comme écrivain, Lichtenberg
jouissait en son temps d'une réputation d'homme de science parfaitement
méritée. Il enseigna toute sa vie à Göttingen,
où la première chaire de physique fut créée
à son intention. Son champ d'intérêts - et de compétences
! - était immense : outre sa passion première pour la physique
expérimentale, il travailla activement en géodésie,
géophysique, météorologie, astronomie, chimie statistique
et géométrie. Si aucune de ses contributions scientifiques
ne fut révolutionnaire, leur originalité et leur diversité
donnent le vertige : cartographe, il calcule l'aplatissement de la Terre
; volcanologue, il évalue le volume des laves émises par
l'éruption du Vésuve de 1784 ; météorologue,
il construit la première version allemande du paratonnerre de Franklin
(1780) ; chimiste, longtemps adversaire des idées de Lavoisier,
il s'y rallie et invente l'alliage de Lichtenberg (50 % de bismuth, 30
% de plomb et 20 % d'étain) qui fond à 91,6° C (donc
dans l'eau bouillante) ; mathématicien, il contribue au débat
sur les fondements de la théorie des probabilités (le paradoxe
de Saint-Pétersbourg) ; historien, il écrit une biographie
de Copernic ; expérimentateur, il étudie les décharges
électriques, produit ce qu'on appelle encore les " figures
de Lichtenberg " et découvre le principe de l'enregistrement
électrostatique, ouvrant la voie à la photocopie moderne
; astronome (un cratère lunaire porte son nom), il observe comètes
et météorites et le transit de Vénus - qui lui inspirera
ces lignes : " Lorsque, le soir du 3 juin 1769, Vénus devait
passer devant le Soleil, on fit des préparatifs pour la voir et,
en effet, on la vit apparaître à l'heure précise ;
mais quand, le 8 juillet, la princesse de Prusse devait passer devant
Göttingen, on l'attendit jusqu'à minuit. Elle n'arriva que
le 9 au matin, à dix heures. " Physicien surtout, il développa
des points de vue d'une impressionnante modernité, remettant en
cause bien des idées admises : " En physique, presque tout
doit être remis en chantier, même ce qui est le mieux connu,
car c'est justement là qu'on soupçonne le moins l'erreur
ou qu'on attend le moins la nouveauté. " Il est l'un des premiers
à expliciter l'idée des " expériences de pensée
", l'un des premiers aussi à mettre en question le postulat
des parallèles d'Euclide, ou la pertinence du concept d'un éther
sans effets observables - préfigurant certains aspects fondamentaux
de la physique du XXe siècle. Ennemi de toute conception scientifique
figée et dogmatique, il écrit, par exemple, à propos
de la controverse entre les théories de la lumière particulaire
et ondulatoire, et plus d'un siècle avant le développement
de la théorie quantique : " Ne serait-ce pas une grande avancée
que d'unifier les deux théories ? Étant donné les
limites de nos connaissances, elles méritent toutes deux le respect
et peuvent toutes deux être correctes. " Enfin, ne séparant
nullement ses activités scientifiques et littéraires, Lichtenberg
fut l'un des premiers observateurs de l'inconscient. Nombre des idées-clés
de la psychanalyse - répression, sublimation, compensation - figurent
dans ses écrits, que Freud citera d'ailleurs explicitement. Rien
d'étonnant que Breton le place dans son Panthéon et le fasse
figurer dans son Anthologie de l'humour noir. Critique d'art enfin, Lichtenberg
sera l'un des meilleurs commentateurs des gravures de Hogarth, dont la
verve ironique ne pouvait qu'inspirer la sienne. Esprit emblématique
du meilleur des Lumières, ennemi de tout pathos, critique d'une
impitoyable lucidité (" Pascal, l'homme qui, à douze
ans, retrouva pour lui les propositions d'Euclide, et qui, à seize,
rédigea un traité sur les coniques, ce qui ne dut point
avoir d'égal depuis Archimède, croyait fermement, à
trente ans, que la fille de sa sur avait été guérie
d'une fistule lacrymale grâce à une relique de la Sainte
Couronne "), Lichtenberg met par avance en garde ses contemporains
(et d'abord ses concitoyens) contre " les excès métaphysiques
et romantiques ". Il est l'un des passeurs de l'âge classique
à la modernité.
Les livres de Lichtenberg sont publiés par José Corti :
Le miroir de l'âme, Consolations à l'adresse des malheureux
qui sont nés un 29 février.
J.-M. L.-L.
Sans doute l'inventaire que nous donnons ci-après au lecteur demand-t-il
un bref entretien. Je le trouvai lors de mon séjour en Angleterre,
dans une bibliothèque du pays, où il reposait, rédigé
proprement, derrière les pages blanches d'un tome des uvres
de Swift. Tout au?dessous du dit écrit, entre parenthèses
: " In the manner of Dr. Swift. " Le propriétaire de
la bibliothèque m'assura qu'il s'agissait de l'extrait d'un journal,
une satire passable d'un riche, mais anonyme, collectionneur d'objets
d'histoire naturelle et d'artefacts, mort il y avait longtemps et qui,
en dépensant des sommes monstrueuses, avait accumulé dans
son cabinet une montagne de colifichets inutiles. Par dérision,
on l'appela Sir Hans Sloane, d'où les initiales à l'en?tête,
l'homme, si je ne m'abuse, se dénommant en fait Marlowe. Sa collection
ne contenait à la vérité aucunes des pièces
ci?après, mais en comptait plusieurs autres tout aussi folles,
parmi lesquelles certaines l'abusèrent - mais n'eussent point,
peut?on penser, trompé un enfant -, entre autres une noix de cocu,
qui pousse à l'état sauvage en Écosse ; une boule
solide faite d'un métal nouveau et qui ne pesait pas plus qu'un
gros morceau de liège semblable ; les deux boules pendaient aux
bras d'une balance et s'équilibraient entre elles. Le noble propriétaire
n'avait point remarqué que le fléau de la balance était
creux du côté du métal mais solide ou coulé
de plomb, de celui du liège. Le plaisant qui le roula avec cette
rareté fut assez précautionneux pour concevoir le fléau
de la balance de si excellente façon, et d'y fixer le liège
ainsi que le métal de telle sorte, qu'on n'eût point été
capable de les extraire, afin de les changer de place, ou bien pour les
peser sur une autre balance, sans une lime et une pince. En outre, le
nombre des ustensiles inutiles, et pour cela, fort coûteux, doit
avoir été extraordinairement grand.
Il m'est avis qu'on y peut assez bien trouver la sobre manière
du comique de Swift. Les connaisseurs des produits de cette tête
singulière sauront qu'il n'était pas rare que Sa Grandeur
écrivît de bien plus basses choses, et qu'il tombât
même fort souvent en de grossières obscénités.
Ces dernières furent aussi imitées dans l'inventaire, mais
nous les avons, bien sûr, omises ici. Que je n'ai point seulement
traduit, mais que j'agençai parfois selon nos us et coutumes, voilà
une chose que l'on me concédera volontiers ; car ce qui, dans cette
sorte d'esprit ne fait point impression sans une explication constante,
n'en fait habituellement qu'une fort misérable lorsqu'on l'explique
complètement. Avant tout, l'on doit toutefois prier le lecteur
de ne pas oublier que l'article parut quelques jours après la mort
de l'insensé collectionneur, qui était alors l'objet des
bavarderies de toutes les sociétés. C'était la véritable
efflorescence de cette plante, qui, n'apparaît ici que misérablement
desséchée :
1. Un couteau sans lame auquel manque le manche.
2. Une double cuillère d'enfant pour jumeaux.
3. Un cadran solaire à répétition en argent.
4. Un cadran solaire à visser sur un coche.
5. Dito, mais qui joue des mélodies.
6. Une boîte avec de petites cartouches délicatement ouvragés,
pleine de poudre pour faire sauter les dents creuses.
7. Une chaise per se (sans doute faut?il entendre percée). Lorsque
l'on s'y asseoit comme il se doit, on entend un bruit accompagné
de tambours et trompettes, qui retentit à travers toute la maison.
Meuble pour grand seigneur. Il coûta cent guinées.
8. Une grande collection de pots de chambre en porcelaine, qui empruntent
parfois des formes très divertissantes. On peut essayer les deux
derniers articles, une heure avant la vente, derrière un paravent
ou dans une pièce voisine.
9. Un lit de fer ébéné en forme de cercueil avec
des poignées recouvertes d'étain, avec en plus douze guéridons
pour porter douze veilleuses. Pour méthodistes et religieuses.
10. Idem, mais équipé pour qu'on y fasse soi?même
dedans le tour de la chambre durant la nuit.
11. Un somptueux lit impérial dans lequel trois grands vizirs sont
morts de la peste.
12. Une excellente collection d'instruments pour convertir les juifs.
La plupart sont en acier poli et l'ensemble des cravaches est en maroquin
rouge. Le grand fouet, en particulier, est un chef?d'uvre de l'art
anglais de la cravache.
13. Un magnifique et ouvragé modèle de corbillard, au sein
duquel douze cadavres peuvent trouver logement.
14. Une bouteille contenant de l'eau d'un morceau de glace qui, à
la Pentecôte l'an 1740, se trouvait encore dans la rue. Elle possède
aussi cette propriété singulière, qu'un physicien
a observée, que ce qui se trouve à l'intérieur se
souvient aussitôt de sa liberté et fait éclater le
verre à chaque hiver froid et lorsque l'on place la bouteille dehors.
Le cher disparu avait, à ce propos, soumis un traité à
la Société royale, lequel toutefois, à cause de diverses
cabales, ne fut jamais imprimé.
15. Un compteur d'atouts en or. À peu près unique en son
genre. On le place au doigt comme un anneau, de manière à
ce qu'il vienne sur une jointure. Lorsque l'on joue un atout, on plie
doucement le doigt de manière qu'il montre le nombre de l'atout
joué, un peu comme un podomètre compte les pas.
16. Un merveilleux moulin à poudre maison, complet, et avec lequel
quiconque peut préparer tout seul sa propre poudre à canon
(c'est?à?dire un demi?quintal le coup). Elle est si bien disposée
qu'on peut le mettre en marche sous un assez gros secrétaire, de
même que sous un lit assez élevé. Le caniche, qui
met la roue en marche, est inclus dans la vente.
17. Un tube à observer les astres ; lorsqu'un ami y jette un regard
et que l'on tourne une petite vis, il souffle du poivre et du tabac à
priser dans l'il. On doit l'utiliser au sol. À cause de cela,
le cher disparu doit avoir reçu quelques mornifles.
18. Un excellent tube à observer les animaux équipé
d'une pierre à fusil ; lorsque l'on enlève les lentilles,
ce qui s'accomplit d'un seul mouvement (en fait, il suffit de les glisser
dans leurs réservoirs latéraux), on peut alors chasser de
petits oiseaux.
19. Un baromètre qui montre toujours le beau fixe. Le thermomètre
assorti indique, année après année, une température
chaude et agréable.
20. Un excellent équipement pour toutes les sortes de deuils dans
les maisons nobles, comprenant :
a. Un billard noir avec des lacets blancs, rehaussé de clous
noirs et tapissé tout autour de festons de calicot blanc. Les
clochettes l'accompagnant sont en argent, mais amorties par de la soie
noire.
b. Pour le deuil, une douzaine de dés noirs avec des points blancs.
c. Idem, mais pour le demi?deuil, violets avec des points noirs.
d. Une provision de tarots et de cartes pour jouer au lombre ayant une
large bordure noire, et une autre ayant une simple encoche de même
couleur pour le demi?deuil.
e. Quelques douzaine de petits verres à liqueur calqués
sur d'antiques fioles destinées à recueillir les larmes
et que l'on vide lors du repas d'enterrement.
f. Un beau recueil sur les recettes permettant de colorer de noir, absolument
sans dommage, presque tous les mets tels, soupes, légumes, pâtisseries,
et où se trouve la recette pour teindre en noir les citrons et
les oignons qui sont auprès du cadavre.
g. Un service de table en porcelaine, complet et magnifique, dont chaque
pièce fait de spirituelle façon allusion à la mort,
et dont chacune mériterait ici une description détaillée.
Pour n'en donner qu'une, citons, par exemple, le beurrier dont l'aspect
forme une tête de mort qui semble si naturelle, et est si artistiquement
ouvragée, qu'on croirait qu'elle est vivante. Le couvercle du
beurrier ou, si l'on veut, la calotte crânienne, est si exactement
formée selon l'ostéologie, même de l'intérieur,
que lorsqu'un peu de beurre dépasse de la tête et que l'on
remet le couvercle à sa place en appuyant, le suif emprunte parfaitement
la forme du cerveau, ce qui à table - quand on donne au beurre
la juste coloration -, est d'un effet d'une épouvantable beauté.
Le cher disparu s'en servit un jour : lorsqu'il coupa le beurre, certaines
dames et chapeaux s'évanouirent, d'autres encore bondirent de
table et nul, hormis le maître de maison, n'en put manger.
h. Une cloche à fromage en platine pour sonner le glas.
i. Plusieurs colliers noirs émaillés avec têtes
de mort blanches pour chiens de chasse.
j. Plusieurs masques pour les gens qui ne veulent, ou ne peuvent, pleurer.
Ils ont tous été ouvragés par les meilleurs maîtres
anglais, et sont d'une grande beauté. Bien qu'un peu pâles,
ils sont néanmoins ravissants, en particulier les masques des
femmes de chambre. Les larmes sont toutes représentées
par des perles naturelles, certaines étant, pour la parenté
rapprochée, de la grosseur d'un pois.
21. Une suite de vêtements, du berceau à l'âge de vingt
ans, pour un enfant ayant deux têtes, quatre jambes et quatre bras.
Un vrai chef?d'uvre de l'art de l'aiguille. On les peut essayer
en les faisant endosser à deux personnes, ce qui donne lieu, surtout
dans ce confus compagnonnage, à des scènes cocasses.
22. Une collection de moules magnifiques, tiers et deux tiers, à
couler, avec un demi-quintal de métal inclus. Pour soigner la délicatesse
de l'acquéreur, cet article sera vendu aux enchères dans
l'obscurité et consigné dans la noirceur. La somme versée
pour acquitter l'achat sera comptée par le vendeur, dans un recoin,
à l'aide d'une lanterne sourde. C'est un homme d'honneur.
23. Quelques bouteilles de vin lapon, cru 1748. En anglais, on lit : "
Some bottles of Iceland?Madeira. "
24. Une collection complète de livres en partie interdits, en partie
de mauvaise renommée, avec incisions d'une beauté grande
et licencieuse. Tous les volumes sont reliés en cordouan noir à
tranche dorée. À l'usage des jeunes du collège d'Eton
et de Westminster, afin de les divertir durant le service religieux.
25. Un morceau digne de la plus haute attention : une petite machine ouvragée
avec un art indescriptible servant à expliquer le concubinium (doit
certainement signifier connubium ou commercium) animae et corporis. Le
cylindre, qui confère le mouvement à l'ensemble, possède
trois positions différentes pour les trois systèmes connus
; une pour l'influence physique, une pour les causes accidentelles, et
une autre pour l'harmonie préétablie. Le cylindre a cependant
assez d'espace pour en inclure deux à trois autres, seulement qu'il
doit établir un corps et une âme, afin que l'âme, en
cas d'urgence, puisse être éliminée. Dans ce coûteux
appareil, le corps est fait de corne pour plus de la moitié transparente,
et mesure quelque cinq pouces. L'âme toutefois, qui n'est pas plus
grosse qu'une grande fourmi, est toute complète, avec ses petites
ailes et ses onze pattes. Il n'y a guère que les petites pattes
de gauche qui soient un peu abîmées. Le mouvement vient imprimé
à la machine, non point par une manivelle (qui sinon la mettrait
en pièces), mais par une paire d'ailerons de la plus fine baudruche
sur lesquels on souffle de manière constante à l'aide d'un
double soufflet (follis infinitus), qui est inclus, installé et
actionné à une distance déterminée (la double
distance). Ces ailerons sont tenus par une vis sans fin (cochlea infinita)
qui met le tout en mouvement.
26. L'Édit de peine capitale (en anglais : Habeas Corpus Act),
mis en musique par le cher disparu. Il s'agit d'une partition remarquable
avec tambours et trompettes. L'accompagnement de certains passages prévoit
même des coups de canon. Il y a aussi, çà et là,
des soli de guimbarde.
27. Quelques moules pour fabriquer des artefacts en pierre. Les ingrédients
pour la pâte sont ci?joints. Il y a également un arsenal
de pectinites, de terebratulites, d'ammonites, etc., ainsi que des coquillages
inventés de toutes pièces, qui ont été façonnés
à l'aide de ces moules. Ils donnent la parfaite impression d'antiquités.
28. La pièce la plus étrange, non point la seule dans cette
collection, mais peut?être dans le monde entier : un morceau de
granite véritable sur lequel se trouve si fortement incrusté
un Aleph en métal, qu'une main humaine ne l'y a pu placer, du moins
sans le réduire en poudre, et qui ne peut non plus être enlevé.
Tous ceux qui l'ont vu, ont reconnu unanimement qu'il avait servi à
l'imprimerie. Le cher disparu l'a acheté à gros prix à
un homme de qualité qui a ses terres sur le mont Liban.
29. Un luxueux carrosse d'État plein de dorures. Bien au?dessus
du siège du cocher, se trouve un magnifique miroir, qui est incliné,
en un angle de 45°, vers l'équipage, au niveau où il
va et vient. À l'arrière, sur l'équipage, correspond
un autre miroir identique, hormis qu'il est incliné inversement.
Grâce à cet excellent polémoscope, le cocher peut
aussitôt voir de son siège si quelqu'un est assis derrière
le coche. Dans ce cas, une simple pression du pied suffit pour que le
passager reçoive aussitôt un vigoureux coup au derrière,
de manière à ce qu'il n'y revienne plus.
30. Une paire de chevaux à qui le disparu enseigna à manger
les papiers inutiles. Un article pour les libraires et les relieurs.
Mais arrêtons-nous ici afin que ce savant article, s'il se poursuivait
encore, ne transformât à la fin tout l'Almanach en nourriture
pour chevaux...
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