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ALLIAGE


Alliage, numéro 37-38, 1998



La possibilités des rencontres obscures …



Pierre Laszlo


Introduction



Parler de science et littérature, de littérature et science, implique aussi la mise en science de la littérature. D'entrée de jeu, j'inverse donc la formule tutélaire de ce colloque, " mise en culture de la science ". Ma thèse sera que l'art et la littérature servent, d'abord, de terrain d'essai, puis de conservatoire aux concepts indispensables à la science.
Aussi une voie, jusqu'ici peu explorée par les historiens des sciences, voire par l'histoire intellectuelle, est la lecture des textes scientifiques à partir du palimpseste littéraire. J'en prends pour exemple, en prolongement à l'un des autres exposés de ce colloque, le double rôle de Goethe dans la découverte de la catalyse. Non seulement, il a suivi de près les expériences de Döbereiner que, dans une large mesure, il a tout du long inspirées et guidées, mais le roman Wahlverwandtschften (Les affinités électives) avait introduit le catalyseur, par le personnage que Goethe nomme Mittler, l'intermédiaire ou l'entremetteur, que certains traducteurs français ont appelé Courtier, afin d'essayer de donner un équivalent de ce jeu de mots dans notre langue. À chaque fois que Mittler entre en scène, le roman bascule et prend une autre direction. Dit autrement, la réaction de double décomposition A-B + C-D Æ A-C + B-D est catalysée par le personnage de Mittler.

Deux archétypes



Tout particulièrement, la littérature préserve au nombre de ses tropes des métaphores errantes récupérées par la science pour servir de themata, comme dirait Gerald Holton, voire de modélisation. L'exemple que je propose de ces topoi récurrents et à la trajectoire cométaire, est celui du dualisme opposant la gelée fertile et la poussière séminale.
Gelée féconde et Poussière fertile ont des noms de personnages faisant penser aux romans de chevalerie, ou aux paris hippiques ! Sans remonter jusqu'au Chevalier à la Charrette ou à feu Idéal du Gazeau, permettez-moi de vous remettre en mémoire la scène où s'affrontèrent ces deux archétypes, le 7 avril 1864.
Nous sommes dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne (1) avec, au premier rang le ministre, Victor Duruy, et le Tout-Paris : la princesse Mathilde, Alexandre Dumas, George Sand, entre autres. Pour paraphraser McLuhan, l'architecture est le message. Un amphithéâtre, celui de la Sorbonne par excellence, scène du couronnement de l'intelligence méritocratique naissante, le Concours général, c'est-à-dire centre de l'élection-après-sélection de la graîne de mandarin, a comme autre fonction celle du lieu de théâtralité, d'un théâtre de la mémoire, dans lequel viennent s'exhiber les Savoirs conventionnels, acceptés et sanctionnés par l'institution académique.
Ce lieu d'intronisation, ce soir-là, vit la mise à mort symbolique par Louis Pasteur de la doctrine de la génération spontanée de F. A. Pouchet. Les trois unités aristotéliciennes furent respectées. Unités de lieu, de temps et d'action : la conférence de Pasteur lui fournit l'occasion d'une démonstration publique, à la fois convaincante et cathartique ; les spectateurs purent en sortir armés d'un savoir nouveau, nantis d'une nouvelle vision du monde.
Souvenez-vous, plus tard dans le siècle, les cours publics de Charcot à la Salpêtrière, suivis par le jeune Freud, présenteront de manière tout aussi théatrâle les pathologies nerveuses et mentales les plus variées, offriront aux voyeurs leurs démonstrations d'hystérie et d'hypnose.
La conférence de Pasteur participe de la même rhétorique de dramatisation. Elle s'inscrit aussi dans le registre de la démonstration universitaire à l'adresse du grand public, dans la tradition de l'abbé Nollet, ou encore de Davy et de Faraday à la Royal Institution de Londres.
Pasteur convoquait ces deux entités, Gelée féconde, et Poussière fertile, pour rendre la salle témoin (2) du triomphe de cette dernière. Tout du long de son exposé, Pasteur le nantissait d'un commentaire épistémologique, au fur et à mesure (3), et il exposait ce qu'on peut qualifier de programme réductionniste.
L'un des moments-clés de la conférence de Pasteur, après le rappel historique qui lui servit d'introduction, donc au début de l'argumentation, fut l'attaque à laquelle il se livre à l'encontre de Michelet (je dis bien : Michelet, et non Pouchet, ce n'est pas un lapsus).
Pasteur insère d'abord une assez longue citation de La Mer (4), la voici :
" Assistons à l'œuvre divine : prenons une goutte d'eau dans la mer, nous y verrons recommencer la primitive création. Dieu n'opère pas de telle façon aujourd'hui et d'autre demain. Ma goutte d'eau, je n'en fais pas doute, va dans ses transformations me raconter l'univers. Attendons et observons. Qui peut prévoir, deviner l'histoire de cette goutte d'eau ? Plante-animal, animal-plante, qui le premier doit en sortir ? Cette goutte, sera-ce l'infusoire, la monade primitive, qui, s'agitant et vibrant, se fait bientôt vibrion ; qui, montant de rang en rang, polype, corail ou perle, arrivera peut-être en dix mille ans à la dignité d'insecte ?
Cette goutte, ce qui va en venir, sera-ce le fil végétal, le léger duvet soyeux qu'on ne prendrait pas pour un être, et qui déjà n'est pas moins que le cheveu premier-né d'une jeune déesse, cheveu sensible, amoureux, dit si bien cheveu de Vénus ? Ceci n'est point de la fable, c'est de l'histoire naturelle. Ce cheveu de deux natures (végétale et animale), où s'épaissit la goutte d'eau, c'est bien l'aîné de la vie... Ces conferves, comme on les appelle, se trouvent universellement dans l'eau douce et l'eau salée quand elle est tranquille. Elles commencent la double série des plantes originaires de la mer et de celles qui sont devenues terrestres quand la mer a émergé. Hors de l'eau monte la famille des innombrables champignons, dans l'eau celle des conferves, algues et autres plantes analogues. "
Après avoir lu ce texte de l'" écrivain éminent ", comme Pasteur le nomme de manière un peu perfide (5), Pasteur résume la pensée de Michelet en une formule appropriée, celle de " gelée féconde " pour qualifier la goutte d'eau de mer qui auraît donné naissance aux organismes.
Puis il passe à l'attaque, s'écriant :
" Mais, messieurs, dans un pareil sujet, assez de poésie comme cela, assez de fantaisie et de solutions instinctives; il est temps que la science, la vraie méthode, reprenne ses droits et les exerce. "

Et Pasteur de développer alors son argumentation, à l'encontre de la génération spontanée. Ce que je veux faire ressortir de sa conférence est qu'il s'y attaque à deux adversaires, Pouchet et Michelet. Pouchet est un autre scientifique, dans l'erreur, il sera humilié. Michelet, l'historien, est aussi un écrivain, qui a commencé une œuvre de vulgarisation scientifique. C'est le terrain où Pasteur veut le rejoindre, puis le dominer. En effet, la conférence du grand amphithéâtre de la Sorbonne inclut ce morceau de bravoure de Pasteur, faisant pendant à celui cité de Michelet ; ce dernier présentait " Gelée féconde " ; et Pasteur fit ainsi le portrait de " Poussière Fertile " :
" Il n'est personne parmi vous, messieurs, qui ne sache qu'il y a toujours des poussières en suspension dans l'air. La poussière est un ennemi domestique que tout le monde connaît. Qui d'entre vous n'a vu un rayon de soleil pénétrant par la jointure d'un volet ou d'une persienne dans une chambre mal éclairée ? Qui d'entre vous ne s'est amusé à suivre de l'œil les mouvements capricieux de ces mille petits corps, d'un si petit volume, d'un si petit poids, que l'air peut les porter comme il porte la fumée. L'air de cette salle est tout rempli de ces petits brins de poussière, de ces mille petits riens, qu'il ne faut pas dédaigner toutefois, car ils portent quelquefois avec eux la maladie ou la mort : le typhus, le choléra, le fièvre jaune et tant d'autres fléaux. "
Les deux métaphores, Gelée féconde et Poussière fertile, ont fait florès depuis lors. Elles sont récurrentes dans les théories sur l'origine de la vie. La goutte d'eau primordiale de Michelet réapparaît comme soupe primitive pour Oparine, ou sous la dénomination de coacervats pour Sydney Fox ou pour De Duve. La poussière germinale de Pasteur ressurgit, quant à elle, comme poussière cosmique et vecteur de la panspermie, pour Svante Arrhénius en premier, puis pour d'autres visionnaires, je veux parler de Fred Hoyle et de Francis Crick (6).
Quelqu'un devrait s'attacher à réunir un catalogue de telles métaphores errantes et presque autonomes — on devrait aussi préciser leur éventuel rapport avec les archétypes à la Carl Jung —, elles réapparaissent constamment dans les pensées et écrits scientifiques.
Pasteur fit entrer le personnage de Poussière fertile, dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne, avec le brio d'un metteur en scène de métier. Juste après le fragment cité plus haut, il fit éteindre les lumières de la salle, afin de montrer au public les grains de poussière dansant dans la lumière du projecteur de vues photographiques. Cette astuce de présentation lui servit à rendre visible ce qui, autrement, serait demeuré invisible, et donc à rappeler à l'auditoire ce que le conférencier avait dit auparavant du microscope, comme instrument du savant. Elle lui servit aussi à illustrer la métaphore, elle aussi explicitée lors de la conférence, de la clarté de l'évidence résultant d'une expérimentation bien conçue.
Lorsque Pasteur se livre à son morceau de bravoure sur Poussière fertile, il prend soin de préciser que la poussière est un mélange de matières minérales et organiques, dont des germes, parfois bénins, mais parfois aussi pathogènes en puissance. Cette partie de l'exposé annonce la préoccupation bourgeoise, au XIXe siècle, qui voit des microbes partout, et les deux solutions pratiques, pasteurisation d'une part, recherche rousseauste d'une atmosphère plus salubre, loin de l'air pollué des villes, en montagne ou, plus généralement, par un retour à la nature. Elle annonce l'obsession de la contamination par la tuberculose, qui aboutira à la construction de sanatoriums en altitude, tels que celui décrit dans le grand roman de Thomas Mann, La montagne magique.
Effectivement, Pasteur narre à ses auditeurs de la Sorbonne les expériences qu'il fit sur la mer de Glace, pour montrer que l'air des montagnes, par contraste avec celui de Paris, est presque exempt de miasmes. Ce faisant, Pasteur se retrouve dans les mêmes contrées que le monstre de Frankenstein qui, dans l'émouvant roman de Mary Shelley, sillonne les Alpes dans la solitude et le désespoir existentiel.
Nous passerons à présent des cimes désolées et solitaires des Alpes à cet autre lieu (commun) du lyrisme, le désert, et ce, par le biais du sel, et des caravanes transsahariennes qui, encore aujourd'hui, véhiculent la précieuse denrée (7).

Le sel chez Saint-John Perse



L'œuvre de Saint-John Perse abonde en références au sel (8). Ce composé se trouve à la jonction du minéral et de l'organique. Sa présence même évoque des temps très anciens, d'un naissain (suivant un scénario comme celui d'Oparine) formé à partir d'une soupe primitive, dans des flaques salées :
" Tout est salé, tout est visqueux et lourd comme la vie des plasmes. "
Il est aussi remémoration des larmes de la petite enfance :
" ...Je me souviens du sel, je me souviens du sel que la nourrice jaune dut essuyer à l'angle de mes yeux. "
Le sel est aussi, de même, le salé des sécrétions de la volupté sexuelle :
" Puissance, tu chantais sur nos routes splendides ! ...Au délice du sel sont toutes lances de l'esprit. ...J'aviverai du sel les bouches mortes du désir ! "
entre imprégnation et mortification, comme de très anciens Livres nous l'enseignent :
" Ainsi va toute chair au cilice du sel, le fruit de cendre de vos veilles, la rose naine de vos sables, et l'épouse nocturne avant l'aurore reconduite. "
Saint-John Perse se fait en cela le chantre de la tribu, l'éveilleur des très anciens archétypes : le sel est allié aux caravanes, au désert et à la soif. Les assonances des doublons (sel, sable) et (désert, désir) sont ici les germes du poétique :
" Au délice du sel sont toutes lances de l'esprit... J'aviverai du sel les bouches mortes du désir ! Qui n'a, louant la soif, bu l'eau des sables dans un casque, je lui fais peu crédit au commerce de l'âme… Et le soleil n'est point nommé, mais sa puissance est parmi nous. "
Le second verset aurait pu être écrit aussi par Saint-Exupéry, dont Terre des hommes ou Citadelle reviennent maintes fois sur ce thème stoïque de l'haïssable repu et de la bienheureuse soif.
Ainsi le sel appelle l'exil vers les confins :
" Vous ne trafiquez pas d'un sel plus fort quand, au matin, dans un présage de royaumes et d'eaux mortes hautement suspendues sur les fumées du monde, les tambours de l'exil éveillent aux frontières l'éternité qui bâille sur les sables. "
Si le sel se confond le plus souvent pour le poète avec son omiprésence du besoin physiologique et de ses effets sur les organismes, avec le mixte rythmé ingestion/excrétion qu'il représente, il se borne parfois aussi à une simple présence minérale, renvoyant néanmoins à un curieux minéral, qui reste animé d'une chimie spectaculaire, où les expériences s'accompagnent de gros dégagements de chaleur :
" Sagesse de l'écume, ô pestilences de l'esprit dans la crépitation du sel et le lait de chaux vive ! "
Saint-John Perse, comme d'autres (Baudelaire, Ernst Jünger), est un écrivain du minéral. Je lui opposerai, et c'est par là que je terminerai, Victor Hugo comme écrivain, non pas tant de l'organique, mais d'une vision organiciste de l'univers qui transparaît, y compris dans ses écrits à propos d'astronomie.

La science pour Victor Hugo



Le révolutionnaire scientifique cause un inconfort radical, non seulement parmi ses pairs, mais aussi dans le grand public, et risque l'anathème, ou la dérision comme Halley en fit l'expérience en prédisant dès 1705 le retour (observé en 1759) de la comète qui porte son nom. Comme Victor Hugo l'écrivit en 1874 (9) :
" C'est ainsi que le rire, infâme et froid visage,
Parvient à faire un fou de ce qui fut un sage.
Halley morne s'alla cacher on ne sait où.
Avait-il été sage et fut-il vraiment fou ? "
Ces quatre vers proviennent d'un long poème, " La comète ", dans lequel Hugo narre la réception des idées de Halley. Il faudrait lui consacrer une plus longue analyse. On voudrait pouvoir décrire en détail les rimes, telles que télescope/myope, ou algèbres/ténèbres, les tropes, par exemple, l'antithèse :
" Chez les astres voyant, chez les hommes myope ! "
ou l'apposition :
" Regardant le ciel spectre au fond du téléscope. "
Comme l'écrivit Victor Hugo (10) :
" Avec vos grains de sable entasser vos instants,
Faire un monceau de vœux, de systèmes, d'algèbres,
Devant la pyramide immense des ténèbres,
Avec l'esprit humain tâter l'esprit divin,
C'est inutile et fou, c'est imprudent, c'est vain.
C'est triste ; et l'impossible est là qui vous regarde. "
Commenter ces vers impose de prendre en compte le sablier du premier vers, la rime, familière à Hugo, d'algèbres et ténèbres, le cône d'ombre du troisième vers, tel qu'il intervient dans une éclipse du soleil ou de la lune, la métaphore icarienne qui sous-tend les vers 4 et 5.
Le même poème, qui abonde en notations d'une exquise justesse " L'homme a pour les chercheurs un Caucase de haine "
" Et l'homme ne veut point qu'on touche à sa terreur,
Il y tient ; le calcul l'irrite ; sa fureur
Contre quiconque cherche à l'éclairer
Commence au point où la raison ressemble à la démence. "
a ce portrait du savant :
Vous savez tout ! Le temps que met l'aube immortelle
À traverser l'azur d'un bout à l'autre bout,
Ce qui, dans les chaos, couve, fermente et bout,
Le bouvier, le lion, le chien, les dioscures,
La possibilité de rencontres obscures,
L'empyrée en tous sens par mille feux rayé,
Les cercles que peut faire un satan ennuyé
En crachant dans le puits de l'abîme, les ondes
Du divin tourbillon qui tourmente les mondes
Et les secoue ainsi que le vent le sapin,
Vous avez tout noté sur votre calepin !
Des métaphores, y compris celle de Poussière fertile (11), reviennent souvent sous la plume de Victor Hugo.
Mais ce poète visionnaire, précurseur en poésie d'Arthur Rimbaud, pouvait aussi écrire cet hymne (est-il à la thermodynamique ou aux équations de Maxwell ?) (12) :
" Oh ! de fluide et de lumière
De pôles, d'axes et d'aimant
D'air qui frémit et d'éther libre,
Sombre et magnifique équilibre !
Formidable balancement !
Oh ! de fluides et d'atomes,
De rayons, de foudres, de feux,
D'aimant qui lutte, d'air qui vibre,
De force esclave et d'éther libre,
Sombre et magnifique équilibre !
Balancement prodigieux !

Conclusion



Je crois avoir esquissé le travail à faire. Lire Faraday ou Maxwell par le biais et à l'aide d'Hugo ; relire Jacques Loeb le matérialiste sous l'éclairage de notre connaissance de Saint-John Perse ; relire, comme je l'ai un peu fait ici, l'œuvre de Louis Pasteur à partir des ouvrages de vulgarisation poétique de Michelet : un tel effort ne serait pas peine perdue !

Légendes des illustrations :

Victor Hugo vers 1860. Photographie de E. Bacot. BN © Viollet.

Saint-John Perse. Dessin de Bérénice Cloove, 1990.


1. . Ce n'est pas pas celui d'aujourd'hui, inauguré en 1889 pour le centenaire de la Révolution.
2. . " À ce moment, M. Pasteur fait projeter sur le tableau quelques-unes de ces petites générations dites spontanées. " ; " Ce qu'il faut que je vous montre… " ; " Je vais placer maintenant sous vos yeux… " ; et autres notations similaires. Je me base sur le compte rendu, certainement relu et approuvé par Pasteur, dans la Revue des cours scientifiques de la France et de l'étranger 1, num. 21, 23 avril 1854, pp. 257-265.
3. . Par exemple : " Cette doctrine a suivi le développement de toutes les idées fausses (…) au lieu de grandir avec le temps, ce qui est le propre de la vérité, elle a toujours été s'amoindrissant et se circonscrivant sans cesse. "
4. . Du chapitre II, " La mer de lait ", du Livre II, " La genèse de la mer ".
5. . Michelet publie La mer, et d'autres livres similaires (L'oiseau, La montagne…) pour des raisons en partie alimentaires, après avoir été démis de sa chaire au Collège de France et destitué de son poste d'archiviste en 1851-52. L'attaque de Pasteur a aussi d'évidentes bases politiques.
6. . Pierre Laszlo, " L'origine de la vie : 100 000 milliards de scénarios ", La recherche, mars 1997, p. 26.
7. . Pierre Laszlo, Petit traité du sel, Hachette Littératures, 1998.
8. . Les citations proviennent des textes : Saint-John Perse, " Éloges ", Œuvre poétique. 3 vols. Paris, Gallimard, 1960. I, 9-75, pp. 20 et 67 ; " Anabase " ibid., I, 123-162, pp. 128, 129, 147 ;
" Exil " ibid, I, 165-233, pp. 169, 175, 188-9, 213.
9. Victor Hugo, La légende des siècles, Paris, Gallimard La Pléiade, 1950, pp. 579-585.
10. Victor Hugo, La légende des siècles, " La Fin de Satan, Dieu " Paris, Gallimard, 1950, p. 984.
11. Voir, par exemple, dans Les châtiments, " Force des Choses ", qui est de mai 1853 à Jersey, et que le proscrit volontaire avait commencé par intituler, dans sa fidélité à Lucrèce, " Natura Rerum ".
12. Dans " Magnitudo Parvi ", écrit en 1846, révisé en 1855, dans Les contemplations, Gallimard La Pléiade, Paris, 1967, vol. 2 des Œuvres poétiques, p. 614 et séq. ; je le cite dans la version, non publiée, du manuscrit P. Duché.



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