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ALLIAGE


Alliage, numéro 32, 1998


La lampe de la science et les bulles de la fiction: Kurd Lasswitz, 1848-1910



Françoise Willmann




Kurd Lasswitz, né à Breslau (désormais Wroclaw en Pologne) en 1848, mort à Gotha en 1910, de son état professeur de mathématiques, de physique, de philosophie et de géographie au lycée de Gotha, passe pour être le premier auteur allemand de science-fiction. Il reste dans les mémoires essentiellement grâce à un roman, Auf zwei Planeten (Sur deux planètes) (1) , régulièrement réédité, et à quelques récits ou "contes modernes" qui continuent à figurer dans les anthologies allemandes des classiques de la science-fiction, mais aussi grâce à une Histoire de la théorie atomistique du Moyen Age à Newton (2). La grande diversité de ses publications s'articule autour d'une activité centrale: la vulgarisation, d'abord celle des connaissances scientifiques de son époque, et davantage encore peut-être, celle de la réflexion sur le statut et les enjeux de ces connaissances, activité qui se sert en particulier du médium littéraire.

Après des études de mathématiques et de physique à Berlin et à Breslau (où il suivit entre autres les cours de l'astronome Galle, des mathématiciens Weierstrass et Kummer et du philosophe Dilthey) il se qualifia pour l'enseignement au lycée. La même année, en 1873, il rédigeait une thèse de doctorat traitant des "gouttes suspendues aux corps solides et soumises à la pesanteur." Parallèlement à son activité d'enseignant, il publia nombre d'articles en histoire des sciences et en philosophie, qu'il regroupa par la suite dans son Histoire de la théorie atomistique. Un texte de 1878, Atomistik und Kritizismus. Ein Beitrag zur erkenntnistheoretischen Grundlegung der Physik (3) , est explicite quant à son ancrage philosophique. Lasswitz, co-éditeur, sur la recommandation de Dilthey, des oeuvres de Kant, est résolument kantien, et par ailleurs disciple de Theodor Fechner (4).

A la publication de nombreux compte-rendus d'ouvrages philosophiques et scientifiques, il faut ajouter celle d'articles de vulgarisation dans ces mêmes domaines: la plupart d'entre eux ont été rassemblés sous le titre Wirklichkeiten. Beiträge zum Weltverständnis (Réalités. Contributions à la compréhension du monde), ouvrage qui parut pour la première fois en 1900. (5). C'est à cette activité de vulgarisation qu'il rattache lui-même son oeuvre littéraire, dans laquelle il s'efforce d'associer divertissement et réflexion sur les problèmes soulevés par la science de son époque. Dès 1873, Lasswitz formulait en effet les deux thèses suivantes:

1. "La vision du monde transmise par les sciences de la nature comporte énormément d'éléments poétiques."
2. "La science peut et doit être vulgarisée." (C'est Lasswitz qui souligne)
Ses contes peuvent et doivent se lire à la lumière de ces affirmations.

La vulgarisation, qu'elle s'applique à la science ou à la philosophie, est donc un souci constant de Lasswitz, voire le dénominateur commun de ses multiples activités. Car il est également à l'origine de la Mittwochsgesellschaft zu Gotha, sorte de club où la bourgeoisie éclairée de la ville se retrouve pour discuter science et culture. Il en est le président. A l'occasion des vingt-cinq ans d'existence de ce cénacle, paraît un ouvrage qui recense les titres des cinq cents interventions répertoriées: cinquante-neuf sont de Lasswitz et traitent de philosophie, de littérature ou de science, ou sont consacrées à la lecture de ses propres contes.
Mais il donne aussi force conférences dans d'autres associations de la ville. Il multiplie les publications de vulgarisation à partir des années 80, dans différents journaux et revues. La palette des sujets abordés est vaste: il écrit sur Kant, Fechner, Descartes, Gassendi, Locke, Campanella, Paracelse, etc., ou sur le hasard, la fin des choses, la mission de la psychologie, la nécessité naturelle et ses limites, la religion, l'effet civilisateur des découvertes de notre siècle et bien d'autres choses encore. Ces mêmes thèmes sont au centre de ses contes et romans et il consacre plusieurs textes théoriques aux rapports entre les deux champs.

Lasswitz vulgarisateur

Le projet vulgarisateur de Lasswitz s'inscrit dans une tradition qui, dans l'Allemagne du XIXe siècle, se réclame généralement de Alexander von Humboldt et qui n'a rien perdu de sa foi en la mission civilisatrice de la science, ni de sa conviction que tout ce qui touche à celle-ci peut se transmettre de façon accessible à chacun. Son optimisme s'est plutôt accru, du fait des spectaculaires progrès de la science et, Lasswitz l'y associe explicitement, de la technique. L'art, en l'occurrence la littérature, est susceptible de jouer différents rôles. Les récits de Lasswitz mettent en scène, sur le mode ludique et humoristique, les questionnements qui surgissent des contenus de la science et de ses méthodes, et fréquemment aussi les conflits dont elle est le théâtre. Les textes qui passent pour précurseurs de la science fiction, le premier paru dès 1871 (Bis zum Nullpunkt des Seins, "Jusqu'au point zéro de l'être"), le deuxième en 1877 (Gegen das Weltgesetz, "Contre la loi de l'univers"), se projettent en l'an 2371 pour le premier, en l'an 3877 pour le second. Ils s'efforcent d'associer dans l'extrapolation le plausible et l'audacieux pour ce qui est des conquêtes scientifiques et techniques et de leur impact sur les modes de vie et le psychisme des individus (comme il est trop tôt pour évaluer leur caractère prophétique, on s'abstiendra de porter un jugement que l'avenir pourrait infirmer), mais ils sont aussi le lieu d'une réflexion sur la rationalisation accrue de l'existence et son influence sur les rapports humains.
Dans la première nouvelle, un amant cause (involontairement) la mort de l'aimée, en voulant la punir de s'acharner à placer l'art au-dessus de la science, alors que dans la deuxième, triomphe, après bien des péripéties, l'amour, un amour dont une éminente mathématicienne avait pourtant calculé qu'il ne pourrait mener qu'à la catastrophe. (Ce ne sont ni ses calculs, ni sa compétence qui sont pris en défaut, mais une insuffisance dans les données de départ).

Ce qui caractérise les deux types de récits, problématiques actuelles et projections dans le futur, c'est leur ouverture. En eux, la visée didactique concerne moins les contenus scientifiques, encore qu'ils soient bien présents, au moins sous forme d'allusion, sinon d'enjeu, que des interrogations sur leur sens et leurs effets. Dans le travail littéraire, la vulgarisation s'applique donc plutôt à l'épistémologie et produit un relativisme stimulant.

Deux contes (6)

Parmi les plus réussis, un conte paru en 1887, Auf der Seifenblase, "Sur la bulle de savon", illustrera cette lecture. On y voit le jeune fils du narrateur faire des bulles de savon, cependant que son père et Wendel, l'oncle de celui-ci, savant taciturne, devisent à l'ombre d'un arbre, "bonifiant l'air grâce à la fumée de leurs cigares." L'enfant s'émerveille de ses bulles et s'interroge sur l'origine de leurs couleurs. L'oncle met le narrateur au défi d'expliquer à son rejeton ce qu'il veut savoir, et lui lance, sarcastique: "Vas-y, explique lui! Je suis bien curieux de voir comment tu t'y prendras." Et d'énumérer quelques termes scientifiques, ("couleurs interférentielles dans les lames minces, n'est-ce pas? Je connais cela. Différentes longueurs d'onde, les bandes ne se recouvrent pas, etc.") pour conclure sous forme de question à la fois ironique et rhétorique que l'enfant n'y comprendra rien.
Réponse embarrassée du narrateur qui ne peut soutenir le contraire, et qui tente de se tirer d'affaire en affirmant qu'il n'est pas nécessaire que l'enfant comprenne ces explications. L'explication, dit-il, est quelque chose de relatif, il convient de l'adapter au point de vue de celui qui questionne, "il s'agit seulement d'intégrer le fait nouveau dans un raisonnement familier, de le relier à des représentations familières." L'oncle l'interrompt avant qu'il ait le temps de finir la phrase dans laquelle il suggérait qu'il faudrait faire l'économie des formules de la physique mathématique que son fils ignore et met impitoyablement le doigt sur l'impuissance du narrateur: "Pas mal, hm, acquiesça l'oncle Wendel, c'est à peu près ça. Tu ne peux pas l'expliquer, ni le relier à des représentations familières - il n'y a strictement rien qui puisse faire le lien. C'est bien ça! Expérience de l'enfant - monde tout différent - il y a des choses pour lesquelles il n'existe aucun moyen de faire des liens. C'est partout pareil! Celui qui sait doit se taire, celui qui enseigne doit mentir. Ou alors, on le crucifie, on le jette sur le bûcher, on le donne en pâture aux journaux satiriques - suivant l'humeur du jour."

Cette entrée en matière, clin d'oeil du professeur et vulgarisateur Lasswitz qui trouve de nombreux échos dans d'autres contes, introduit, par le glissement contenu dans la formule grincheuse du "c'est partout pareil" au cas particulier de l'oncle Wendel. Celui-ci vient de faire une invention que son neveu le presse de divulguer mais qu'il préserve des hurlements des béotiens en raison de la conscience qu'il a de l'incommensurabilité foncière des mondes dans lesquels évoluent les autres scientifiques et lui-même. Dans le dialogue qui suit, l'oncle joue le rôle du vieux savant méconnu, mais résigné, qui sait que son heure n'est pas encore arrivée, et le narrateur celui de l'homme éclairé qui croit na•vement mais fermement au progrès, pour qui celui-ci vaut la peine que l'on souffre (quelque temps) le martyre pour lui, et qu'à force de preuves, on doit pouvoir faire tourner la controverse à son avantage. Le vieux savant lui démontre par l'expérience qu'il se trompe.

L'invention de Wendel est un petit dispositif étrange, qu'il manipule tout en demandant au narrateur de regarder la nouvelle bulle de savon que leur montre son fils..., et voici nos deux personnages transportés dans un nouveau monde, à la surface de la bulle, où le vieux savant bougon et monosyllabique devient subitement loquace, donnant toutes les explications nécessaires sur leur nouvel environnement, tandis que le narrateur a perdu, dans un premier temps du moins, toute curiosité scientifique et n'est plus que terrorisé.

Quelques chiffres impressionnants et quelques concepts bien placés font leur effet de tranquillisant, et le narrateur ne tarde pas à se sentir à l'aise dans ce nouveau monde pour les quelques années - à l'échelle des Saponiens - qu'il va lui être donné d'y vivre. La bulle de savon se révèle en effet tout à fait comparable à la terre, elle est habitée, par des êtres qui s'appellent eux-mêmes "ceux qui pensent", et nos deux héros vont apprendre leur langue et se familiariser avec leurs moeurs. Leur séjour prendra fin quelque peu brutalement: le narrateur n'ayant pu s'empêcher de se mêler à une controverse philosophico-scientifique, il échappe de justesse au châtiment suprême que les Saponiens veulent lui faire subir.

Le récit de cette controverse représente l'essentiel du conte, qui est aussi, explicitement, un hommage à Swift, et met en scène "un savant de tout premier plan" sommé par la collectivité de se justifier de ses conceptions, jugées hérétiques, concernant la structure du monde. Convoqué devant un tribunal, il lui faut confronter ses dires à la tradition, au savoir scientifique admis, et au pouvoir établi. Le narrateur, quant à lui, croit être en mesure de démêler le vrai du faux, puisqu'il sait, lui, que l'univers des Saponiens est bien creux et destiné à éclater, qu'il connaît les éléments qui le composent et l'événement qui lui a donné naissance. Aussi intervient-il, sans tenir compte des sages rappels à l'ordre de son oncle, pour dire une vérité reçue comme blasphème par les uns et les autres, et ce n'est qu' in extremis que l'oncle parvient à les faire revenir sur terre pour échapper à la vindicte des Saponiens offensés.

Le triomphe de l'oncle Wendel est donc entier: le narrateur apprend à ses dépens que toute vérité n'est pas bonne à dire, qu'elle est même susceptible de n'être pas recevable, pas plus dans le monde des Saponiens que sur notre bonne vieille terre, où faute de preuves (ses notes, car il a bien entendu tenu son cahier de bord, restées aux dimensions saponiennes sont irrémédiablement perdues), il ne s'apprête nullement à ébruiter son aventure.

On le voit, le conte suscite (plaisamment) de nombreuses questions: celle de l'incommensurabilité, de la relativité, de la preuve, mais aussi celle de la composition de la bulle de savon pour laquelle il ébauche une réponse. Il ne transmet certes pas de connaissance à proprement parler, mais attire l'attention sur la possibilité de s'en procurer et indique des pistes. En tout cas, l'existence d'une explication scientifique de la bulle de savon n'en détruit pas la poésie. Le voyage en Saponie peut se lire aussi comme une rêverie poétique s'appuyant sur l'imagination scientifique.

Un autre récit, Aladins Wunderlampe. Eine wahre Geschichte, "La lampe magique d'Aladdin. Une histoire vraie", tourne en dérision la "psychologie transcendantale" de Karl du Prel (sans le nommer bien sûr), auteur entre autres de Die Philosophie der Mystik paru en 1885. Lasswitz lui avait consacré un compte-rendu de lecture et pourfend ses thèses dans un essai intitulé "De la mystique", l'avant-dernier chapitre de Wirklichkeiten (7). Dans ce conte, deux couples passent ensemble une soirée amicale en devisant, ces messieurs fumant le cigare, ces dames tricotant. La conversation vient à tourner autour d'une lampe acquise par l'un des personnages, le professeur Alander, pour son musée, et qui se révèle être en effet la lampe d'Aladdin. Le professeur est évidemment un rationaliste éclairé qui ne croit pas aux esprits, le narrateur, lui, croit à la psychologie transcendantale et s'en fait le porte-parole, tandis que leurs épouses affichent une curiosité ouverte à tout argument, voire à tout événement. Avant toute tentative de frotter la lampe (le professeur craint pour la patine!) le narrateur se lance dans un discours bien structuré où il se fait fort de répondre à deux questions fondamentales; premièrement: "l'existence d'esprits qui exécuteraient des choses contredisant apparemment les lois de la nature qui nous sont connues est-elle possible?", et deuxièmement: "est-il possible que la volonté de ces esprits soit liée à la possession d'un simple objet, comme cette lampe?" La démonstration du narrateur mêle différents niveaux d'argumentation, usant d'une langue aux résonances philosophiques et scientifiques, convoquant tour à tour l'histoire, la logique, les lois de la nature, etc., le tout sur le ton de l'évidence, comme le montre la phrase suivante: "Tout cela peut s'expliquer scientifiquement par le simple principe de la téléphorie [sic!] de la matière." L'une ou l'autre objection le mettant dans l'embarras, il avoue n'être encore que "novice en psychologie transcendantale", mais réussit néanmoins à se tirer d'affaire à peu près honorablement. Son épouse, avide pourtant de croire à la possibilité de convoquer l'esprit de la lampe, est rendue sceptique précisément par la perfection de la démonstration philosophique, quant à l'épouse du professeur, elle avoue n'avoir pas tout compris et aurait besoin, dit-elle, de lire l'argumentation, au grand dam du narrateur qui pensait avoir fait des prodiges de vulgarisation.

Cependant, l'expérience réussit, l'esprit se laisse convoquer, et entre en dialogue avec les personnes présentes. Hélas, quelle que soit la bonne volonté dont il fait preuve, il ne peut satisfaire aucune des demandes qu'on lui adresse, car il est tenu de se soumettre aux lois de la nature et de la société en vigueur! C'est ainsi qu'il déçoit toutes les attentes, des plus complexes aux plus modestes et qu'il n'est même pas en mesure de faire en sorte que la pelote de laine, dont les chutes répétées rythment le conte, cesse enfin de tomber car "ce serait contre les lois de la chute des corps de Galilée et contre l'histoire naturelle des travaux manuels féminins." Le lecteur, qui s'était laissé prendre au jeu, est ramené à la réalité par le professeur, qui, en incorruptible rationaliste, félicite le narrateur de ses talents de ventriloque, lequel conclut, laconique: "Pas moyen de convaincre ces gens-là."
La position de Lasswitz s'exprime clairement dans son essai sur le mysticisme: la psychologie transcendantale est pour lui une escroquerie, irritante parce qu'elle se réclame de Kant et de Darwin, et qu'elle prétend expliquer scientifiquement des phénomènes qui ne relèvent pas de ce champ. Le conte cependant, s'il ne se prive pas d'ironiser sur le narrateur et ses pseudo-démonstrations, ne se lit pas pour autant comme une charge polémique. Aucun des personnages n'incarne une position de vérité. Le jeu avec l'esprit et l'atmosphère de conte de fées moderne ouvrent un espace où vision scientifique du monde et réalité suprasensible peuvent s'affronter.

***
Lasswitz partage l'enthousiasme de son époque pour les progrès de la science et de la technique. Il est convaincu que l'amélioration du sort de l'humanité passe par une domination encore plus grande de la nature. Le passage d'un train lui procure autant d'émotions esthétiques que le plus grandiose des paysages alpestres. La civilisation scientifique et technique est, dit-il, "la ruse de la raison pour se réaliser elle-même." Dans ses meilleurs contes, nulle trace de cette emphase. L'humour et l'ironie sont les instruments essentiels d'une prise de distance à l'égard de la science et de ses propres convictions. C'est en ayant recours à la littérature qu'il les met à l'épreuve. En déroulant controverses et conflits, en confrontant les points de vue les plus divers, il met en scène un relativisme qui force le lecteur à prendre une part active à la réflexion qui se mène sous ses yeux. Confronté aux positions des uns et des autres, il ne peut se reposer sur un dogmatisme confortable ou sur des solutions fixées d'avance. La mise en scène littéraire des questions et tensions suscitées par la science contribue à les placer dans le champ social du débat.

1. C'est moi qui traduis.
2. Geschichte der Atomistik vom Mittelalter bis Newton, Darmstadt, Wissenschaftliche Buchgesellschaft, 1963.
3. Atomistique et criticisme. Contribution à des fondements théoriques de la physique.
4. Gustav Theodor Fechner, physiologiste et physicien allemand (1801-1887), auteur d'écrits sur la psycho-physique et d'ouvrages sur l'âme des plantes et du monde.
5. Wirklichkeiten. Beiträge zum Weltverständnis, Berlin, Felber, 1900.
6. Les deux contes dont il va être question se trouvent dans l'anthologie éditée par Adolf Sckerl, Kurd Lasswitz, Bis zum Nullpunkt des Seins, Verlag Das Neue Berlin, 1979.
7. Wirklichkeiten. Beiträge zum Weltverständnis, Leipzig, Elischer Nachfolger, 1921, p. 374 et suivantes.


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