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ALLIAGE


Alliage, numéro 29-30, 1996-97


Le gône de la sociologie



Azouz Begag



Pour décrire mon itinéraire, j'ai quatre mots : je suis un enfant d'analphabètes, de paysans immigrés.

Enfant d'analphabètes, par conséquent de parents qui n'avaient que les sens les plus intuitifs pour évoluer dans la vie, donc dans le temps; enfant de paysans dont le rapport à la terre oblitérait toute autre forme de rapport au monde, j'y fais référence dans mon livre La force du berger; enfant d'immigrés parce qu'enfant de voyageurs. Mon père, qui, en dépit des difficiles conditions de vie dans l'Algérie des années quarante, de ses maigres connaissances scientifiques sur la rotondité de la Terre et sur l'au-delà de son village, a pris, malgré tout, la responsabilité, ce paysan immigré, analphabète, de faire un voyage comparable à ceux des grands explorateurs des XVe et XVIe siècles sur les mers. Le sens de la migration, c'était un calcul sur le temps, considérant que le voyage, c'est-à-dire l'exil, allait être en fin de compte bénéfique pour lui, puisque au bout du voyage, il allait revenir chez lui, à la terre d'origine, dans sa famille abandonnée pour quelques mois, brodé d'or et cousu d'argent. Aujourd'hui, je suis fier d'être le fils d'un analphabète paysan et voyageur immigré.

Donc, je suis né dans un bidonville, forcément. Tous les immigrés des années soixante habitaient en France dans les bidonvilles, que ce soit dans la région marseillaise, dans la région parisienne à Nanterre, ou à Lyon, dans ce qui est devenu Vaulx-en-Velin ou les Minguettes de Vénissieux. Quand on est enfant des bidonvilles, les prédispositions sociales ne nous mènent pas forcément à l'Ecole nationale d'administration. Malgré tout, sur le chemin de l'ENA, je suis presque arrivé, puisque vingt-cinq ans après ma naissance dans ce bidonville lyonnais, en 1957, j'ai eu, par je ne sais quel miracle ou quel destin, accès à l'université: j'ai passé un diplôme de doctorat de troisième cycle en sciences économiques, bien qu'ayant au préalable passé un bac d'électrotechnique. Nos parents, pour qui la migration en France n'était que transitoire, avant le fameux retour mythique, pensaient que l'acquisition d'un savoir-faire technique à l'école française était un passage obligé pour préparer le retour dans des conditions optimales. Il fallait que leurs enfants, au lycée, au collège, acquièrent un savoir-faire qui soit réexportable, universel, comme dirait Smaïn: chauffage, menuiserie, ébénisterie, électronique. Nos parents considéraient l'école comme une bouée de sauvetage permettant, sans se rendre culturellement perméable à la société française, d'acquérir ce qui était bon à rapporter au pays. Après avoir passé un bac électrotechnique à Lyon, j'ai découvert ma légende personnelle, comme dirait Paolo Cuelho, et je me suis orienté vers l'économie parce que j'avais la sensation de pouvoir développer d'autres choses en moi. Je suis allé à l'université sans savoir exactement ce que c'était. Cinq ans après mon entrée à l'université, j'ai passé mon doctorat. Peu importe que l'on soit docteur en économie, en sociologie, en musicologie, ou en épidémiologie, l'important, à travers l'accession au savoir, c'est d'être docteur pour soi-même, de se situer sur terre, de se situer dans le monde et dans le temps.

Aujourd'hui, je suis aussi écrivain, car le traumatisme provoqué par ce passage trop rapide entre l'analphabétisme paysan de mon père et mon accession dans le monde des intellectuels et universitaires, il fallait le gérer. Je l'ai fait à travers une psychanalyse personnelle, par l'écriture d'un premier roman autobiographique paru en 1986, au Seuil, Le gône du Chaaba, dans lequel j'explique à tous les enfants arabes de ma classe des années soixante, à Lyon, que si j'ai réussi à être premier, et à aller à l'université, ce n'était pas parce que j'étais un génie, ni un fayot, mais simplement parce que j'ai compris très tôt ce que l'école de France attendait des élèves: l'acquisition des codes minimum pour dialoguer, communiquer avec la société. J'ai très vite saisi comment cela se passait, j'ai pu me faufiler entre les autres élèves pour arriver au premier rang de la classe et montrer au prof ma détermination. Mon père était fier de moi parce que son objectif était de me voir, un jour, en France, premier de la classe devant les Français. Aujourd'hui, j'apparais un peu comme un modèle de réussite et, a fortiori, un modèle de réussite des collèges de ces ZEP (zones d'éducation prioritaire) où sont localisés les quartiers en difficulté, donc les trois quarts de la population d'origine immigrée. J'apparais aujourd'hui comme le modèle de l'autre forme de réussite sociale. La première, la plus médiatisée, la plus galvaudée, la plus ressemblante au modèle noir américain, est celle de l'enfant d'immigrés sachant développer ses muscles, être footballeur, boxeur, basketteur, etc. Soraya Bonali en patinage artistique, Marie-Josée Perec et quelques autres en athlétisme, Djamel Bouras au judo, Akim Taffer en boxe, Yannick Noah en tennis, Basil Boli et Zinedine Zidane en football, je vous cite là l'itinéraire ôbison futéö qu'offre la société française à l'enfant d'immigrés: le modèle sportif. L'itinéraire littéraire que je représente, celui du théâtre pour quelques-autres, constituent des voies de réussite sociale encore trop méconnues.

J'aime à dire que je ne veux pas être l'Arabe qui cache la forêt. Il y a toujours cette tendance de l'Education nationale en France à vouloir exhiber ses exemples de réussite. Le risque de dérive, c'est de voir quelqu'un comme moi jouer le chantre de l'individualisme, du libéralisme, du ôsi tu veux, tu peuxö, et, a contrario, du ôsi tu n'as pas pu, c'est que tu n'as pas vouluö qui laisseraient croire que tous ces bandits qui font du bruit, à Vaulx-en-Velin ne seraient en fait que des lascars qui refusent l'intégration; il faudrait donc les renvoyer chez eux. Evidemment, le risque est lç! N'empêche que les lascars en question alimentent aujourd'hui, une attitude socio-politique défensive, en stigmatisant la société française qui nous refuse, qui nous méprise; c'est un réflexe de facilité, qui condense les énergies négatives et fait exploser assez régulièrement des violences urbaines. Mon rôle de médiateur, quand je suis en face d'eux, est de leur dire: "Avant de stigmatiser la société, qu'est-ce que tu fais, toi? Tu vas à la bibliothèque? Tu aides tes frères et tes sIurs?" Je les place d'abord devant leurs responsabilités, c'est-à-dire devant eux-mêmes, pour qu'ils prennent conscience de leurs contradictions. Je crois que c'est le premier principe, régler ses contradictions ù ensuite, je peux stigmatiser la société, tout en sachant que le social, c'est un concept abstrait qui n'est pas d'un accès facile. Par exemple: pourquoi le type qui a acheté un autoradio à Carrefour, qui vient l'installer sur sa bagnole, achète aussi un fusil 22 long rifle? Pour protéger son autoradio, et si un jour, il y a un Arabe qui touche à son autoradio, il va le descendre, parce que les Arabes aiment les autoradios. Quand je vais lui dire que l'Arabe qui a volé son autoradio, c'est d'abord un être social en difficulté, il se marre, le type. "Un quoi?, il me dit, "Un être social en difficultÚ. Et je lui précise: "C'est la détermination sociale qui est première dans le phénomène que vous venez de vivre, pas la détermination raciale." Je fais rire beaucoup de gens, mais c'est pour ça que les rayons des armes à Carrefour se vident de plus en plus, d'année en année. La détermination sociale pliant l'échine sous le poids de l'explication raciale des phénomènes. C'est clair comme de l'eau de roche, et donc, avant je responsabilise l'individu. Oui, je suis moralisateur, je le reconnais.

Transmission, distance, croyance, expérience

Quatre mots pour dire les rapports que j'ai avec les élèves dans les collèges des ZEP où je vais chaque semaine depuis dix ans dans toute la France.

D'abord le mot science. Qu'est-ce que c'est ? Un élève, un enfant africain, un jour, me dit: "Monsieur, qu'est-ce que tu fais comme métier?" Je lui réponds: "Je suis sociologue." "Ah, sorciologue, tu fais de la magie." Je lui ai fait un tour de magie effectivement : j'ai pris un objet, je l'ai jeté et il a disparu, et là il s'est prosterné devant moi. Je lui ai dit: "Mais non, il n'y a pas besoin de se prosterner parce que si tu regardes l'autre main, tu le retrouves." Sorciologue, c'est quoi, c'est quelqu'un qui a acquis un savoir, qui sait en jouer et qui peut l'utiliser comme pouvoir sur les autres.

Ensuite, je lui explique que la Terre est ronde, qu'elle tourne sur elle-même autour du Soleil, que c'est difficile à comprendre quand on est sur la Terre, puisqu'on ne la voit pas tourner. Il me dit: "Oui, mais si la Terre tournait, quand nous on arrive de l'autre côté, normalement on devrait tomber." ╦ travers ces expériences, je suis revenu à l'origine de l'explication de la rotation de la Terre, chez Galilée, j'ai lu les livres de la collection "Science ouverte, j'ai eu envie de raconter aux enfants non pas comment la Terre était ronde, ni pourquoi, mais à quoi ça sert de le savoir. "╦ quoi ça sert d'apprendre que la Terre est ronde? Qu'elle tourne, je m'en fous moi, ça ne m'empêche ni de manger, ni de dormir, ni d'aller en discothèque." C'est là que le mot science m'indique le rôle du ôpourquoi apprendre, pourquoi savoirö, la fonction de la science dans la société. Quand on est dans les ZEP aujourd'hui, quand on est dans les quartiers en difficulté, c'est une question primordiale d'expliquer aux enfants à quoi cela sert, même si, de toute façon, on est mal barré et que l'homme est voué à perdre la mémoire. Je leur dis : "Ah oui, à quoi ça sert de manger, puisque... à quoi ça sert de vivre puisque... on va mourir?" C'est difficile de raconter ensuite, mais j'y arrive petit à petit, le plaisir d'apprendre, le plaisir d'accumuler, parce qu'un jour on est appelé à transmettre notre expérience de vie, le savoir à ceux qui viennent derrière, à nos enfants, aux petites sIurs, petits frères. ╦ cette femme en prison, qui avait un enfant à l'extérieur, et que j'allais voir, je lui ai dit l'histoire de la rotondité de la Terre, elle m'avait répondu, avec violence, qu'elle s'en foutait et l'important c'était le fric. Un jour, je lui ai dit: "Si ta fille vient te dire : ôMaman, le maître nous a dit que la Terre est ronde. C'est vrai, elle tourne?ö, il faudra lui répondre." La transmission.

Le deuxième mot c'est distance. Il y a plein de jeunes dans les quartiers en difficulté, et pas seulement là et pas seulement des jeunes, qui implosent dans un monde de consommation devenu, me semble-t-il, de plus en plus individuel, exerçant une pression énorme. Si, on a affaire à ces violences qui ont secoué Vaulx-en-Velin il y a cinq ans, ou Los Angeles avec cinquante-cinq morts, il y a quatre ans, c'est qu'aujourd'hui, l'individu en prise avec cette cruauté de la société de consommation n'a pas les moyens de se mettre à distance de lui-même et de s'autoévaluer, c'est-à-dire de se placer, de se situer, autrement dit de s'intégrer, dans le système où il est. Et la mise à distance de soi-même, c'est la science: je sors de moi, je me regarde, je me dis: "Qui es-tu, qu'est-ce que tu fais, combien de temps as-tu à vivre et au milieu de qui es-tu?" La distance. Je crois que la science c'est l'apprentissage de la distance, et l'épistémologie, c'est l'apprentissage de l'art d'apprendre. J'ai découvert toutes ces choses à l'université, comme un enfant.

Le troisième mot est le mot croyance. Il est couplé au mot voyance, évidemment, là je fais allusion à mon petit Africain qui me demandait: "Qu'est-ce que c'est un sorciologue?" Il y a quelque temps, un présumé terroriste de Vaulx-en-Velin, Khaled Khelkal, a été assassiné, pardon a été tué, par des militaires, dans un bois, pas très loin d'ici. C'était un type qui était allé dans un collège, qui habitait Vaulx-en-Velin, qui était allé au lycée jusqu'en première, où il avait acquis les principes fondamentaux de la chimie. Khaled Khelkal. Tout le monde en a entendu parler, et tout le monde a été surpris en France du télescopage qui existait chez cet individu entre l'apprentissage scientifique dont il a bénéficié et l'errance sociale qui a marqué son itinéraire. Lorsque Le Monde a publié quatre pages d'entretien d'un chercheur scientifique allemand avec Khaled Khelkal, enregistré deux ans avant sa mort, j'ai été bouleversé de lire que ce Khaled Khelkal disait qu'un grand savant japonais avait prouvé il y a quelques années qu'Allah existait et que de ce fait, il avait décidé, preuve scientifique à l'appui, de s'engager à fond dans la religion islamique. Khaled Khelkal, il y a deux éléments qui l'ont destructuré: passer du collège au lycée, le collège, c'est à côté de chez lui, le lycée, c'est loin, il est passé de Vaulx-en-Velin au centre-ville de Lyon, et c'est cela, en particulier, qui lui fait dire: "Je n'ai pas ma place, je ne suis plus dans mon territoire, je ne suis plus avec mes amis. Je crois que tous les enfants ressentent ça le jour où leur maman les emmène à l'école, lui, il a subi ce traumatisme à vingt ans. L'autre est que n'ayant pas trouvé la résolution de son problème particulier, il ne pouvait pas trouver sa place à l'école où il était nouveau. J'ai eu la chance, moi, par rapport à lui, d'avoir un père qui m'avait donné une exigence simple: tu dois être premier devant les Français. Peut-être que le père Khelkal ne lui avait pas donné ce chemin, cette indication et, sortant de Vaulx-en-Velin, il s'est perdu, il a erré. Un jour, en prison, avec la rencontre d'un aumônier musulman, il a trouvé sa voie. Mais quand on trouve sa voie sans avoir trouvé le chemin vers les autres humains, c'est dangereux pour une démocratie. Je crois que Khaled Khelkal était empreint du désir de détruire ce monde pourri, ce monde sans fondations dans lequel, disait-il, il n'y avait pas de place pour lui. Mais on peut dire aussi, dans lequel il n'avait pas, lui, trouvé sa place.

Croyance, voyance ne sont ici, dans cet exemple précis, que l'absence de distance, l'absence de mise à distance et l'absence de contrôle, c'est-à-dire de réfutabilité de cette mise à distance de moi-même. L'un des principes fondamentaux de la science, c'est de s'offrir, à chaque fois qu'on propose des théories ou des lois, des indices de réfutabilité. Chercher où ce que j'énonce peut être faux. Lorsque je jette un objet, il retombe toujours, mais parfois il reste en l'air, oui, parce que si on le lance assez fort, on peut le mettre en orbite.

Quatrièmement, le dernier mot : expérience. La parole est une violence dans une société comme la nôtre, ô combien médiatisée; celui qui a le pouvoir, c'est celui qui parle et qui peut parler. Celui qui parle, c'est celui qui a déjà l'habitude d'évoluer dans un monde où on parle. La parole, c'est une violence, dans nos familles maghrébines ou immigrées, en particulier, il n'y a pas de paroles, il n'y a pas de communication; la communication d'ordre privé, surtout, se fait à l'extérieur, dans la rue. La parole publique et les formes de communication sociale, lorsqu'elles ne sont pas maîtrisées, provoquent automatiquement de la violence. Regardez ce langage, le verlan, ce langage que parlent nos jeunes dans les rues, à Paris en particulier. Moi, je ne comprends plus rien; certains sociologues ou analystes en sciences sociales et humaines voudraient nous faire croire que c'est un enrichissement linguistique, un bouleversement des codes et un dégagement vers des sources nouvelles de langage riches de sens. Moi, je pense que c'est un appauvrissement des capacités de ces jeunes à communiquer avec le monde extérieur qui se matérialise, à travers le verlan notamment, par un rétrécissement du sens du mot, et je fais ici le procès du rap, qui est la négation du mot au profit de la violence du rythme. Je préfère Brel et Brassens. Je défends le mot, je défends le poète. Quand on récite une poésie, il ne faut pas que le rythme vienne imposer sa loi, sa force à la puissance des mots. J'ai l'impression aujourd'hui que le rap en France, qui est l'importation du rap noir américain des années soixante, annihile la force du mot, le sens du mot et, surtout, le sens de l'enchaînement des mots. Ecoutez MC Solar, écoutez NTM, par exemple, vous avez parfois au milieu du rythme un mot qui émerge, mais c'est toujours un mot, ce n'est pas un enchaînement, l'enchaînement est noyé, il est fait pour ne pas être entendu. Or le rapport à l'oralité des enfants d'immigrés est un rapport intuitif, spontané, naturel, chez nous on ne lit pas, on raconte. Systématiquement, quand je viens à la rencontre des classes, à Saint-Denis, à La Courneuve, à Vaulx-en-Velin, dans les quartiers Nord de Marseille, à des petits qui ont douze-treize ans, je demande si je peux leur chanter une chanson, et je chante: "Je vous ai apporté des bonbons parce que les fleurs, c'est périssable..., alors ils m'écoutent comme ça et me disent: "Où ils sont les bonbons?" Je suis content de voir qu'ils m'écoutent et ne rient pas. Mais en fait, la question c'est: où sont les bonbons? Moi, c'est mon devoir, de faire exister Brel et Brassens, de faire de la concurrence à MC Solar et à NTM. La rue, c'est le lieu du conteur, dont le rapport au mot est pur. Les conteurs africains savent très bien cela. Aujourd'hui, le conteur doit exister contre le rap, les deux n'allant pas ensemble. Mais j'ai l'impression que les jeunes sont enclins au modèle rapide, violent et destructurant que nous propose la société de consommation, plus enclins à adopter le modèle rap que celui du conteur africain.

Qu'est-ce que l'expérience? C'est quand je vais dans les quartiers en difficulté, raconter aux élèves que je suis un enfant de pauvre, mais qui prend la parole, ayant acquis ce pouvoir, et celui de me défendre avec les codes de la société. Quand je fais des ateliers d'écriture, je montre aux élèves que, sur un papier, je peux ôm'écrireö et ce n'est pas la peine d'essayer de copier Proust ou Rimbaud, je peux écrire, moi, ce que je suis. Ce qui intéresse le monde, ce n'est pas que je copie l'autre, c'est justement ce qui est en moi, et la façon dont je peux, dans un travail d'écriture, exprimer mon empreinte digitale littéraire. Quand on voit à quel point ces propos marquent les jeunes, il est clair que la société française aurait intérêt à ce qu'il y ait plus de médiateurs, comme moi, entre les deux mondes, et à favoriser, peut-être par des systèmes de discrimination positive, l'accession de gens pouvant faire le lien entre bidonvilles et Ecole nationale d'administration: c'est ce que j'ai dit à Jacques Chirac lorsque je l'ai rencontré à Vaulx-en-Velin. Je suis sûr qu'il n'a pas compris. J'irai lui redire.


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