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ALLIAGE


Alliage, numéro 19, 1994


Admettre notre créolisation


Pierre Laszlo



Il s'agit ici, de montrer tout le profit pour l'épistémologie de l'étude fine de faits et règles linguistiques, par le biais de la recension de quelques ouvrages récents :
- Gilles-Gaston Granger, Formes opérations objets, Vrin, Paris.
- Nicolas Ruwet, Syntax and Human Experience, J. Goldsmith éd. et trad., University of Chicago Press, 1991.
- François Gaudin, Pour une socioterminologie. Des problèmes sémantiques aux pratiques institutionnelles, Publications de l'Université de Rouen No 182, 1993.
Nous assistons à la montée en puissance de la psycholinguistique et des sciences de la cognition, avec d'ores et déja de nombreux acquis empiriques. On a enterré prématurément la traduction automatique, elle progresse lentement mais sûrement.1 L'analyse de discours est un outil incisif, Bruno Latour l'a manié en épinglant, dans les textes de Pasteur, les procédés rhétoriques, les contradictions logiques, les articulations des concepts avec leurs objets.2

Les questions de langue viennent même dans l'arène politique, comme le montre l'épisode récent de la dévaluation du franc CFA et de la réévaluation du français, langue de science (Loi Toubon).3 Cette loi a plusieurs composantes. Afin de lutter contre l'hégémonie de l'anglais, elle s'accompagne d'un lexique normatif de 3 500 termes et expressions techniques : l'usage de mots tels que airbag, crash, software, scoop, walkman est prohibé. Ce qui parait indûment restrictif : les emprunts, d'une langue à une autre, sont sains ; et des mécanismes d'adaptation existent. C'est ainsi qu'antérieurement notre langue a adopté "side car", dans son orthographe d'origine, mais avec une prononciation adaptée ; ou inversement, elle approche la prononciation, au prix d'une graphie modifiée, ainsi pour "fioul".4 De nombreux mots, issus de la forme progressive de l'anglais, tels que meeting, pressing, camping, parking sont en passe d'adoption, adaptés au phonétisme du français : on entend les deux prononciations [paRkin] et [paRki ] (cette dernière rimant avec "indigne"). Qui plus est, le Dictionnaire des termes officiels de la langue française présente le flanc à la critique : pourquoi traduire ferry par "transbordeur" au lieu de "bac" ? Pourquoi traduire marketing par "mercatique",5 alors qu'un autre néologisme, dérivé de "marchand" par suffixation aurait pu ajouter à la série "marchandise", "marchandage", le "marchandement" pour accompagner le déjà francisé "management" ? Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? La SNCF parle à ses voyageurs de son "personnel d'accompagnement", traduire crew par "équipage" aurait été plus concis. Le Dictionnaire des termes officiels de la langue française est aussi une occasion manquée d'intégrer un français courant, un peu familier, et de dire "boulot" pour job, "touche" pour look, "supernana" pour top model.

Lutter contre la contamination par l'anglais, langue davantage agglutinante que le français, c'est surtout ne pas lui emboîter machinalement le pas, dans l'affixation que le français pratique moins volontiers : cela condamne la traduction de deceptive par "déceptif", dans le sens de "trompeur" : deceptive simplicity se dit chez nous "simplicité trompeuse".
Un second aspect de la loi Toubon est un simple rappel de bon sens, qu'on ne peut qu'approuver : les consommateurs français ont droit à un étiquetage dans leur langue. Slogans commerciaux, ou politiques y compris : le français a suffisamment de dictons pour dispenser les spécialistes en mercatique politique - décidément, "mercatique"ne me chaut guère - de nous asséner la traduction de where there is a will there is a way, comme ils l'ont fait, il y a quelques années.6
Un troisième aspect de la nouvelle législation est l'obligation faite aux organisateurs de réunions scientifiques en France de fournir, soit la traduction simultanée, soit le texte écrit en français des interventions. Ce qui est irréaliste, et peut causer un tort considérable aux scientifiques français. Mieux vaut en rire : j'ai souvenir d'une conférence de J.H. van Vleck à la rue d'Ulm, incompréhensible car en français ; il y parlait, par exemple, des "interactions spin-spin", qu'il faisait rimer avec "pain" !

La linguistique offre une multitude de problèmes passionnants. Donnons un tout petit exemple. La phrase "il parle en anglais" est ambiguë, car la préposition "en" peut avoir, soit le sens de l'anglais in (dans) ou de l'anglais as (à la manière de) : "Jean-Pierre répond au touriste américain, il (lui) parle en anglais" "John fit tout ce long discours en arabe, (qu')il parle en Anglais (qu'il est)". La communication scientifique introduit un paradoxe au coeur de la difficulté de la vulgarisation : éviter de transcrire les emprunts que la langue des laboratoires fait à la langue naturelle. La confusion s'installe chez les auditeurs de tel soi-disant vulgarisateur parlant "d'injecter des électrons" : la contamination conceptuelle par d'autres termes de la même configuration sémantique, tel que "seringue" ou "moteur à injection directe", réduit à néant l'effort de communication. Le vulgarisateur cherche à gagner sur les deux tableaux, de l'appartenance à la communauté scientifique, et de la communication aux "béotiens", il est partout perdant.

Le propos de l'ouvrage dense de Gilles-Gaston Granger peut se résumer en une phrase de l'auteur, ou plutôt en la paraphrase qu'il offre d'une assertion illustre de Kant : "La pensée d'opérations sans objets est stérile ; la pensée d'un objet sans système d'opérations est opaque." Ce livre, recueil de dix-neuf articles publiés tout au long de la carrière de Granger - au signe d'une rectitude admirablement maintenue, comme on parle de garder un cap - , examine les corrélations et codéterminations des trois métaconcepts philosophiques de forme, d'opération, d'objet.
L'un des chapitres est particulièrement attachant, il traite de la langue naturelle comme système proto-logique. La thèse de G.-G. Granger est que les langues ordinaires ont au moins cinq universaux, protologiques et constitutifs de la communication symbolique. Ce sont, en premier lieu, la pluralité d'articulation, à plusieurs niveaux superposés7 (le langage mathématique, pour donner le contre-exemple d'un système logique, ne comporte pas de double articulation). On trouve ensuite la fonction d'énoncé complet, qui recouvre ce que nous appelons une phrase ("Lionel écoute les cours de la Bourse"). La fonction d'ancrage exprime la situation du locuteur, c'est le cas du pronom je en français. Il n'est pas besoin de décrire la fonction nom propre. Le contraste rhème-thème fait fonction, enfin, de cinquième universal. C'est le contraste entre ce qu'on dit (rhème) et ce dont on le dit (thème), pour laquelle le français use d'accents d'intensité prosodique ; tandis que d'autres langues ont divers autres procédés lexicaux ou morphologiques.8 C'est ainsi que le japonais distingue entre éiga ga suki desu, c'est le cinéma que j'aime, et éiga wa suki desu, le cinéma, je l'aime.
Un autre chapitre particulièrement fouillé, à la charnière entre philosophie et histoire des sciences, illustre magistralement ce à quoi peut prétendre l'histoire intellectuelle, démontrant de manière absolument convaincante que la philosophie a servi à Leibniz de matrice conceptuelle pour ses recherches et ses découvertes mathématiques. Un tel résultat est surprenant, habitués que nous sommes à présent à ce que la philosophie trouve sa problématique dans l'avancement de la science, et non vice-versa.
La parution de ce livre d'une grande richesse, sans concession, découpé à la Wittgenstein en courts paragraphes numérotés, réjouit le coeur du lecteur intrépide, pour user d'une formule à la Vialatte.

Le livre de Nicolas Ruwet et John Goldsmith témoigne de la meilleure linguistique contemporaine, devenue véritable science du langage. Une problématique centrale est celle du degré d'autonomie, ou au contraire d'interaction, des divers niveaux linguistiques. Nicolas Ruwet et son traducteur John Goldsmith - l'édition en langue anglaise, traduction et recueil d'articles, est notablement enrichie comparée aux premières publications de ceux-ci en français - montrent que certains phénomènes syntactiques sont en fait sémantiques. N. Ruwet démontre, entre autres, que l'impossibilité de la plupart des constructions du type "Je veux que je parte" provient d'une différence fondamentale entre les actions du locuteur et celles d'autres personnes. Il s'intéresse aussi à la complainte du temps qu'il fait : nous nous sommes tous posé, un jour ou l'autre, entendant "il pleut", la question "qui pleut" ? N. Ruwet examine enfin de près certaines constructions du français courant, c'est un régal, avec des exemples tels que : "Valéry et Jacques ont enterré la hache de guerre - Médecin a foutu le camp - chercher querelle à Chomsky - Brassens a cassé sa pipe - les coquins se partagent le gâteau - nos gouvernants jettent l'argent par les fenêtres - c'est au berceau que Max prend ses femmes - c'est au pied du mur qu'on voit le maçon - ce n'est pas à un vieux singe qu'on apprend à faire des grimaces", concluant à l'asymétrie foncière (dans la syntaxe) entre arguments, au sens technique, suivant qu'ils sont relatifs à des humains ou pas.

La terminologie est l'objet du livre de François Gaudin, solidement charpenté et nourri d'une documentation abondante. Cette discipline est envisagée dans une perspective historique, puis géographique (la francophonie), dans divers cadres législatifs, et située dans son environnement hexagonal. Puis l'auteur en donne une approche critique, par les essais de définition, l'approche conceptuelle, et le problème de la standardisation. La dernière partie nous lance sur diverses pistes attrayantes, telles que le rapport de la langue et de la connaissance, la vulgarisation scientifique, le néologisme, ou la négociation de la dénomination.
La terminologie se donne à voir comme territoire ravagé par les épidémies. Ces fléaux, non encore jugulés, sont l'abus de sigles, la normalisation des termes techniques, et le recours réflexe aux racines gréco-latines. Etiemble, dans Le Jargon des sciences, (Hermann, 1966), a prononcé un réquisitoire d'une sévérité justifiée. Rien, depuis sa parution dans les années 60, n'en a diminué la pertinence. F. Gaudin emprunte à J.-M. Lévy-Leblond un exemple illustre de ce qu'il ne faut pas faire : en 1976, la commission de terminologie médicale avait à rendre le terme anglais hairycell leukemia, et choisit, plutôt que "leucémie à cellules hirsutes", "leucémie à tricholeucocytes" pour son opacité supérieure !9
L'anecdote est instructive : les terminologues s'efforcent d'installer au sein de cet organisme vivant, fluctuant, aux mutations souvent imprévisibles, qu'est une langue, des espèces lexicales protégées, au sens précis et immuable. Leur artificialité rend précaires ces tentatives de greffe de diverses nomenclatures dans le langage. La tentation de les protéger par voie législative ou réglementaire devient forte ; mais elle ne saurait endiguer le flot d'une langue, forte de ces qualités indispensables, vices aux yeux du terminologue, que sont homophones, synonymes, métaphores, polysémie, ambiguïtés.
Un problème contemporain majeur est l'adaptation du français à l'hégémonie croissante de l'anglais scientifique, c'est l'une des leçons de l'anecdote ci-dessus. Pour le résoudre, considérons un énoncé équivalent : comment utiliser la pression externe sur notre langue pour l'accoucher de formes grammaticales et lexicales nouvelles ? La solution - je me démarque ici d'Etiemble - est du côté des créoles. à y réfléchir, le français n'est-il pas déjà un créole du latin ? L'anglais américain n'est-il pas un créole ?10
Or nous devons les créoles, non à d'officielles commissions de terminologie, mais à des "boucaniers, des flibustiers, des matelots naufragés, dégradés ou en rupture d'équipage" parlant des "français populaires et/ou dialectaux du Nord et de l'Ouest de la France".11 Il est aisé de trouver des équivalents contemporains, en guise d'informateurs : équipages d'avions ou de pétroliers ; cuisiniers ; cadres moyens ou ingénieurs de multinationales, telles que Schlumberger, Alcatel ou Louis Vuitton ; musiciens de rock ; trafiquants ; etc. De surcroît, il est un lieu d'observation, interface privilégié, laboratoire en vraie grandeur, où puiser des formes vivantes pour nous efforcer de les acclimater ici : le Québec.12 Un modèle d'instance officielle, dont on peut escompter qu'il serait plus efficace que commissions académiques et haut comités, est fourni par les commissions du Plan : faire coexister des linguistes et des praticiens, issus des catégories qui viennent d'être citées.
Néanmoins, se pose aussi avec acuité le problème de la "dénationalisation" de ces instances normatives. Refaire du français écrit, de cet outil de la communication scientifique, une langue vivace et drue, exige un investissement préalable, lourd en valeur absolue mais léger à l'amortissement : que l'édition française13 se dote enfin d'un personnel éditorial compétent, et des copy editors professionnels qui lui manquent cruellement.
Le livre de Nicolas Gaudin est issu d'une thèse de doctorat. Cela le nourrit d'une documentation dense, quoique étroitement hexagonale et abusant des auteurs à la mode ; avec le défaut du chapelet de citations, et du fichier ordonné, que Gaudin certes domine avec maestria, mais dont la visibilité gêne un peu la lecture. Néanmoins, cette monographie est d'une grande richesse ; vous y apprendrez, par exemple, que "pédalo", loin d'être un nom commun, est une marque déposée !
Il est dommage, au pays de Valéry Larbaud, de devoir faire à nouveau l'éloge du cosmopolitisme. Du frottement des cultures, sont issus tant de chefs-d'oeuvre : citons en vrac Immémoriaux et Stèles de Segalen, Connaissance de l'Est de Claudel, "La Création du monde" de Darius Milhaud, tout Saint-John Perse, tout Senghor, tout Césaire, tout Frantz Fanon, cubisme et masques nègres, période polynésienne de Gauguin, Cocteau et le jazz, van Gogh... Dans un pays dont l'actuel Premier ministre est originaire de Turquie, faut-il rappeler la vertu de l'immigration ? Que de noms viennent sous la plume ! Pour le seul XXe siècle, en poésie, Apollinaire, Tzara, Supervielle, Michaux; en peinture, Modigliani, Picasso, Juan Gris, Sonia Delaunay, Nicolas de Staël ; en sculpture, Zadkine, Giacometti ; au théâtre, les Pitoëff, Beckett, Ionesco, Peter Brook ; au cinéma, Montand et Signoret, entre autres ; dans le roman, de Marthe Bibesco à Marguerite Yourcenar, en passant par Cingria, Ramuz, Cendrars, Calaferte, Green, Perec, Albert Cohen, Romain Gary...
Il est des précédents, à peser par les décideurs de la science française, de savants français de tout premier plan, peut-être bien hissés au tout premier plan soit par l'immigration soit par l'émigration : Vincent du Vigneaud, Benoît Mandelbrot, Roger Guillemin, Edgar Lederer, Bianka Tchoubar, Hugh Felkin... La culture scientifique française ne sortirait-elle pas aussi renforcée par l'hybridation ? Alors que la science française continue de souffrir de son inégalable insularité,14 il importe d'ouvrir les fenêtres toute grandes, et de laisser l'air des cimes assainir l'atmosphère.


Notes

1. L'hypothèse de Sapir-Whorf est celle du génie de la langue : il y aurait autant de manières de penser que de manières de s'exprimer, puisque tout, science y compris, passe par le langage. L'hypothèse est séduisante. On lui opposera, néanmoins, l'effort constant de toute la linguistique moderne, jakobsonienne puis chomskyenne, pour découvrir des universaux du langage. On lui objectera encore une autre supranationalité, celle de la science : Jean-Marie Lehn (cité par Gaudin, p. 134) affirme l'indépendance du savoir vis-à-vis des diverses langues nationales. Et on peut alléguer à son encontre des contre-exemples manifestes : notre manière de compter, pour le moins illogique avec nos "soixante dix, quatre-vingt et quatre-vingt-dix", n'a empêché ni la mathématique française de se hisser au premier rang, ni nos firmes de vendre à l'étranger.
2. Par exemple : B. Latour, Configurations, 1, 127-142, 1993
3. Science et langue : la défense et illustration de la langue française commence chez nous. à cet égard, il est navrant de trouver, début 1994, sous la plume d'un personnage officiel, l'expression "assurer le meilleur interfaçage". Ce néologisme par suffixation, sur le modèle de "garer- >garage", était parfaitement inutile. Il suffisait d'écrire "interface", plutôt que céder à la contamination par la forme progressive de l'anglais ("to ensure the best interfacing").
4. Une séquence de voyelles qui, bien que peu fréquente, reste usuelle. Des exemples en sont l'actrice Miou-Miou, ou, dans des parlers populaires ou dialectaux, le pioupiou, et le Riou.
5. La terminaison en -ique, comme dans "informatique" ou "télématique", tire le sens vers celui d'une discipline qu'on enseigne, et l'éloigne de l'art de vendre, pourtant l'un des sens du mot anglais.
6. "Là où il y a une volonté, il y a un chemin", affichait Jacques Chirac à la conquête de la mairie de Paris.
7. Un locuteur disant "angle droit" choisit cet adjectif plutôt qu'"aigu" ou "obtus"; et prononce "droa" plutôt que "broa", pour illustrer la seule double articulation.
8. L'anglais est plus déictique que le français dans son emploi de "this" ou "that". L'étoffement des prépositions par un substantif est une nécessité lors du passage de l'anglais , travaillant davantage sur le plan du réel, au français, se situant plus au plan de l'entendement : J.P. Vinay et J. Darbelnet, Stylistique comparée du français et de l'anglais, Didier, Paris, 1968.
9. Lévy-Leblond note ici en marge : "Je crains que ce ne soit pas même un mécanisme conscient", et je veux bien le croire.
10. S.S. Mufwene, Etudes créoles, XVI, 117-141, 1993.
11. R. Chaudenson, Des îles, des hommes, des langues: langues créoles, cultures créoles, L'Harmattan, Paris, 1992.
12. Vinay et Darbelnet, op. cit. in 8.
13. E. Amaudry et al., L'édition scientifique française, Syndicat national de l'édition, Paris, 1992.
14. La référence obligée est le pamphlet d'André Weil, "Science française", 1955, La Nouvelle NRF, 3e année, No. 25, 97-109 ; OEuvres Scientifiques, Springer-Verlag, Berlin, 1979, vol. 2, 277-289, à lire et relire ; et son Autobiographie, 1991-92, Birkhauser, Bâle. Juste un exemple : celui de l'olibrius qui a sévi de longues années au CNRS, causant un retard du développement de l'informatique en France, dont ont résulté le Plan Calcul et les aléas de Bull ! Il en est bien d'autres, où nos pesanteurs institutionnelles ont favorisé de même le maintien en vie sous perfusion de bras morts, scientifiquement parlant.


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